Crise au PLQ : le chef Pablo Rodriguez exclut une députée du caucus

La Presse Canadienne | 5 décembre 2025 | 09:27
La députée libérale Sona Lakhoyan Olivier, à droite, et le chef du parti Pablo Rodriguez s'adressent aux médias après une réunion du caucus au siège du parti à Montréal, le vendredi 21 novembre 2025. (LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi)

Nouveau chapitre dans la crise au Parti libéral du Québec (PLQ): la députée de Chomedey, Sona Lakhoyan Olivier, est exclue du caucus libéral en raison d’une enquête de la commissaire à l’éthique. L’investigation porte sur l’utilisation des ressources de son bureau de comté pour la course à la chefferie du PLQ. 

«Il s’agit d’une décision nécessaire dans les circonstances», a indiqué le whip de l’opposition officielle, Marc Tanguay, dans un communiqué envoyé jeudi en soirée. 

Sona Lakhoyan Olivier a appuyé Pablo Rodriguez dans la course à la chefferie.  

Il y a deux semaines, le «Journal de Montréal» a révélé des textos suggérant que des membres qui appuyaient Pablo Rodriguez lors de la course à la direction auraient eu des récompenses en argent. Les personnes à l’origine de ces messages ne sont toutefois pas nommées dans l’article.

La station de radio Cogeco a ensuite affirmé que les deux personnes derrière ces mystérieux textos étaient la députée libérale Sona Lakhoyan Olivier ainsi que la députée caquiste Alice Abou-Khalil. Les deux élues ont démenti et ont envoyé des mises en demeure à Cogeco.

«En tout temps, j’ai respecté les règles. Je n’ai rien à me reprocher, mais j’accepte la décision de mon chef de m’exclure du caucus le temps que la commissaire à l’éthique fasse son enquête. Soyez assurés que j’y collaborerai pleinement», a écrit Mme Lakhoyan Olivier sur le réseau social X jeudi en soirée.

La commissaire à l’éthique a confirmé la tenue d’une enquête par voie de communiqué. Elle indique qu’elle «cherchera à déterminer si la députée a utilisé ou permis l’utilisation de ressources de l’État mises à la disposition du bureau de circonscription de Chomedey à des fins partisanes, soit à l’occasion de la course à la direction du Parti libéral du Québec». 

La crise continue 

Rappelons que le PLQ est en crise depuis que la députée Marwah Rizqy a congédié sa directrice de cabinet, Geneviève Hinse, une proche de Pablo Rodriguez, sans lui en avoir parlé précédemment. 

Les raisons du congédiement de Mme Hinse demeurent nébuleuses encore aujourd’hui. 

Dans une lettre de l’avocate de Marwah Rizqy, on affirme que Geneviève Hinse a été renvoyée «en raison d’importants manquements en matière d’éthique, notamment en ce qui concerne le respect des normes de l’Assemblée nationale du Québec, des procédures internes et des attentes liées à la fonction qu’elle occupait».

On ajoute que Geneviève Hinse aurait refusé de consulter la commissaire à l’éthique comme demandé par Mme Rizqy. 

En raison de cette crise, le nouveau chef parlementaire du PLQ, André Fortin, a indiqué avoir demandé à la commissaire à l’éthique un accompagnement au sujet de l’utilisation des ressources de l’Assemblée nationale dans un contexte d’un chef extra-parlementaire.   

Pablo Rodriguez a exhorté Marwah Rizqy de lui fournir des explications quant au congédiement de Mme Hinse. Devant le silence de sa députée, il l’a finalement exclue du caucus mardi, l’accusant d’avoir «manqué de loyauté». 

Le chef libéral a aussi indiqué avoir entamé des discussions pour que Geneviève Hinse réintègre son poste de directrice de cabinet.

Le chef libéral a dit ne voir «aucun lien» entre le congédiement de Mme Hinse par Marwah Rizqy et les  mystérieux textos du «Journal de Montréal».

La semaine dernière, l’Unité permanente anticorruption (UPAC) a indiqué «être en validation d’informations (…) concernant des allégations d’actes répréhensibles visant le Parti libéral du Québec».