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«Le Canada ne vit pas grâce aux États-Unis», répond Carney à Trump
Mark Carney prononce un discours à Québec. | Photo: Benjamin Aubert - MaBeauce.com Le premier ministre du Canada, Mark Carney, a répondu jeudi au président américain Donald Trump, qui disait mercredi que «le Canada existe grâce aux États-Unis».
Dans un discours prononcé à Québec en marge d’une rencontre avec son cabinet, M. Carney a conclu en répondant que le Canada et les États-Unis «ont construit un partenariat remarquable sur les plans économiques, de la sécurité ainsi que de riches échanges culturels», mais que «le Canada ne vit pas grâce aux États-Unis».
Cette déclaration ne se trouvait pas dans le texte prévu pour son discours, dont l’essentiel était de lancer un appel à l’unité et au maintien des valeurs canadiennes pour assurer la souveraineté du pays.
«Lorsque nous vivons selon nos valeurs, nous nous épanouissons individuellement et nous bâtissons un peuple. Lorsque nous sommes gentils, la gentillesse se propage. Lorsque nous sommes unis, l’unité se renforce. Lorsque nous sommes Canadiens, inclusifs, justes et ambitieux, le Canada prospère. Le Canada et les États-Unis ont bâti un partenariat remarquable sur les plans économique, sécuritaire et culturel, mais le Canada ne vit pas grâce aux États-Unis. Le Canada prospère parce que nous sommes Canadiens. Nous sommes maîtres chez nous. C’est notre pays. C’est notre avenir. Le choix nous appartient. Nous choisissons de bâtir un avenir prometteur, digne du territoire sur lequel nous sommes. Nous choisissons le Canada!», a déclaré le premier ministre avant de quitter la salle.
Un pacte renouvelé
Précédemment, M. Carney avait raconté que le Canada a été fondé par des peuples différents qui ont su s’unir pour «travailler conjointement» après avoir vu les Anglais l’emporter sur les Français sur les Plaines d’Abraham en 1759.
Il a souligné que «le pacte» avait «été renouvelé» à plusieurs occasions, dont lorsque «les Québécois ont choisi, à deux reprises, de rester au sein du Canada».
«George-Étienne Cartier a déclaré à l’époque que les Canadiens et Canadiennes étaient des races différentes, non pas pour se faire la guerre, mais afin de travailler conjointement à leur propre bien-être, qui vivent les unes à côté des autres, comme de grandes familles. Ce pacte a été renouvelé lorsque Wilfrid Laurier a gouverné un pays qui avait autrefois conquis son peuple. Il a été renouvelé avec l’avènement du bilinguisme officiel. Il a été renouvelé lorsque les Québécois ont choisi, à deux reprises, de rester au sein du Canada, estimant que ce partenariat, malgré toutes ses frustrations, méritait non seulement d’être préservé, mais aussi d’être renforcé».
Le premier ministre a insisté, la création du Canada tel qu’on le connaît aujourd’hui «n’a pas toujours été une ligne droite», mais des «décisions ont été prises pour construire quelque chose de différent».
«Les progrès ont été réalisés à travers des tensions, des compromis et parfois des échecs, mais à plusieurs reprises, le Canada a choisi une voie différente […] C’est un projet audacieux que deux peuples récemment ennemis, parlant des langues différentes, pratiquant des religions différentes et vivant sous des traditions juridiques différentes, puissent partager un même pays».
Un monde plus dangereux
Quelques jours après son discours remarqué à Davos, Mark Carney a répété que le monde est en grand changement.
«Ne nous faisons pas d’illusion, le monde est de plus en plus dangereux et divisé. Les anciennes alliances sont en train d’être redéfinies et, dans certains cas, rompues. Dans cette nouvelle ère, le leadership du Canada se définira non seulement par la force de nos valeurs, mais aussi par la valeur de notre force. Nous procédons aux plus importants renforcements de nos capacités militaires et de sécurité depuis la Seconde Guerre mondiale», a-t-il mentionné en rappelant les investissements faits dans les Forces armées canadiennes.

Un discours qui fait réagir PSPP
Le discours prononcé jeudi par M. Carney a rapidement faire réagir le chef du Parti Québécois, Paul St-Pierre-Plamondon.
Dans une longue déclaration publié sur X, M. St-Pierre-Plamondon a accusé Mark Carney de «falsifier notre histoire […] dans le but de cacher les problèmes que le Parti Libéral du Canada a délibérément générés au Québec et l’histoire de la domination coloniale du Québec pour ce qu’elle est véritablement».
«Ce n’est pas la première fois dans notre histoire que devant un mouvement indépendantiste qui gagne en force, le fédéral déforme notre histoire et promet soudainement la fin du mépris envers nos choix démocratiques, tout comme plein de promesses qui n’adviendront jamais», a-t-il écrit en promettant une réponse «point par point» à l’allocution lors du congrès du Parti québécois ce dimanche.