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Accord Canada-Chine: Trump menace Ottawa d’imposer des droits de douane de 100 %
Screenshot Le président américain Donald Trump a menacé samedi d’imposer des droits de douane de «100 %» sur les produits importés du Canada, advenant que le premier ministre Mark Carney aille de l’avant avec un accord commercial avec la Chine.
Tout en traitant M. Carney de «gouverneur», l’insulte qu’il employait pour qualifier l’ancien premier ministre Justin Trudeau et qui rappelle son souhait de faire du Canada le 51e État américain, M. Trump a prévenu son voisin.
Selon lui, M. Carney «se trompe profondément» s’il pense faire du Canada un «point de transit» pour des marchandises chinoises destinées aux États-Unis.
«La Chine va dévorer le Canada tout entier, jusqu’à détruire ses entreprises, son tissu social et son mode de vie en général», a écrit le président Trump sur son réseau Truth Social.
Lors d’un voyage à Pékin la semaine dernière, le premier ministre Mark Carney a conclu un accord pour réduire les droits de douane sur les véhicules électriques chinois en échange d’une baisse des taxes à l’importation sur les produits agricoles canadiens.
Pourtant, le président Trump avait initialement affirmé de cet accord avec la Chine était ce que M. Carney «devait faire et que c’était une bonne chose pour lui de signer un accord commercial».
Ottawa tente de calmer le jeu
Réagissant à la menace du président américain, le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, a maintenu sur les réseaux sociaux qu’Ottawa ne visait pas à conclure un accord de libre-échange avec Pékin, et avoir simplement trouvé «une résolution» à des enjeux tarifaires.
Tant M. LeBlanc que le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, ont refusé de répondre aux questions à leur arrivée, quelques minutes plus tard, à la réunion du caucus libéral où ils préparent la rentrée parlementaire de lundi. Le premier ministre était quant à lui absent de la rencontre.
D’autres élus libéraux qui passaient par le même couloir ont été plus loquaces. La députée québécoise Nathalie Provost a éclaté de rire lorsque questionnée à savoir si elle craignait que M. Trump passe de la parole aux actes. «On ne sait jamais avec lui», a-t-elle lancé en s’engouffrant dans la salle.
Le ministre du Patrimoine canadien Marc Miller a pour sa part déclaré que les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis étaient «généralement bonnes», mais que le gouvernement «prenait tout au sérieux». Il a aussi imploré les journalistes de ne pas lui demander d’expliquer «ce qui se passe dans la tête du président».
Le discours qui a mis le feu aux poudres
Le professeur de sciences politiques à l’Université McGill, Daniel Béland, a expliqué que M. Trump est visiblement contrarié par le voyage en Chine de M. Carney qui a été suivi d’un discours très remarqué à Davos. Selon lui, la situation est carrément «explosive».
M. Carney s’est imposé comme le chef de file d’un mouvement incitant les pays à s’unir pour contrer les États-Unis sous la présidence de Donald Trump. «Si vous n’êtes pas à la table des négociations, vous êtes au menu», avait déclaré le premier ministre en implorant les puissances moyennes à agir de concert.
Il a aussi mis en garde contre la coercition des grandes puissances, sans toutefois mentionner le nom de M. Trump. Le premier ministre a été largement salué pour ses propos, éclipsant M. Trump au Forum économique mondial.
Questionné en marge du caucus libéral, le ministre de la Justice, Sean Fraser, a jugé que le discours de M. Carney était loin d’être une erreur stratégique. «Ça a été le mon message, au bon moment, par la bonne personne», a-t-il répondu.
Le professeur émérite de sciences politiques à l’Université de Toronto Nelson Wiseman a expliqué que l’accord commercial entre le Canada et la Chine est «assez limité», tout comme l’accord américano-chinois sur les semi-conducteurs.
L’accord avec la Chine pourrait toutefois s’étendre. «Je m’attends à ce que la Chine soit intéressée par le financement d’un pipeline vers le nord de la Colombie-Britannique», a-t-il noté.
Le Canada est la principale destination des exportations de 36 États américains. Près de 3,6 milliards $ CA de biens et services franchissent la frontière chaque jour. Environ 60 % des importations américaines de pétrole brut proviennent du Canada, de même que 85 % de leurs importations d’électricité.
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Avec des informations d’Associated Press