Rapport Gallant, itinérance et immigration au cœur des échanges avec Bernard Drainville

Claude Marquis | 19 février 2026 | 11:43
Bernard Drainville de passage dans les studios d'Arsenal Media à Victoriaville. (Crédit photo Béatrice Déry, attachée politique de Bernard Drainville)

Le candidat à la chefferie caquiste, Bernard Drainville, était de passage à Victoriaville, lundi, dans le cadre d’une tournée régionale. Il a notamment pu discuter avec le maire, Vincent Bourassa, où il a, entre autres, été question de sécurité publique, d’accès à l’habitation et d’itinérance. M. Drainville a également bifurqué dans les studios d’Arsenal Media pour un court entretien.

Arsenal Media a pu avoir, à chaud, les réactions et commentaires de Bernard Drainville suite au dépôt du rapport Gallant concernant les ratés du virage numérique de la SAAQ, qui a été rendu public quelques heures seulement avant son passage dans les studios d’Arsenal.

« Ce qui me frappe le plus, c’est de savoir que des fonctionnaires ont menti au gouvernement. »

Bernard Drainville, candidat à la chefferie caquiste

Pour lui, les conclusions du rapport Gallant traduisent « un manque de rigueur et des fautes éthiques et déontologiques graves » de la part des personnes impliquées dans le projet SAAQClic.

Il mentionne « être tanné des fonctionnaires qui ne font pas leur travail », et qui, malgré des fautes majeures, sont plutôt relayés loin des caméras, sur ce qu’il appelle « des tablettes dorées. » Ils deviennent « des intouchables » et ne sont jamais vraiment punis pour leurs fautes.

Avant de s’avancer dans des recours juridiques, Bernard Drainville mentionne qu’il devra « analyser le rapport adéquatement », mais il est d’accord de sévir contre les responsables.

Une itinérance « surprenante » à Victoriaville

Bernard Drainville a eu l’occasion de s’asseoir et de discuter avec le maire de Victoriaville, Vincent Bourassa. Les deux hommes ont notamment pu échanger sur les enjeux d’accès à l’habitation et d’itinérance présents dans la municipalité.

Il s’est dit « étonné et surpris » d’apprendre que Victoriaville, une ville de région, était aux prises avec des problèmes d’itinérance qui touchent une centaine de personnes sur le territoire. Il comprend que l’itinérance est « multifactorielle » et que pour s’attaquer au problème, il faut le prendre à la source. Pour lui, la source est l’accès à des logements abordables.

L’accès au logement abordable, l’itinérance et la présence renforcée des policiers sur le territoire sont, pour Bernard Drainville, un tout, un cercle, un système : l’un nourrit l’autre et vice-versa.

Il a réitéré l’importance de s’asseoir avec les représentants municipaux pour prendre connaissance de dossiers comme celui-ci.

l’immigration, une question d’équilibre

L’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) fait beaucoup jaser. Son retrait met à risque le statut de milliers de travailleurs dans la province. En région, ces travailleurs constituent souvent de la main-d’œuvre qualifiée et spécialisée, essentielle au bon fonctionnement des entreprises.

Bernard Drainville s’est déjà prononcé sur le sujet, en affirmant qu’il promettait une clause de droit acquis pour protéger les travailleurs installés et intégrés ici, s’il était élu à la tête de la CAQ.

En entretien avec Arsenal Media, M. Drainville dit « comprendre » l’importance de ces travailleurs en région, dans des secteurs qui sont souvent nichés et où il est difficile de trouver de la main-d’œuvre de qualité. Sans parler des nombreux travailleurs de la santé. De là, sa proposition d’instaurer une clause de droit acquis pour protéger ces travailleurs.

Le dossier du PEQ soulève également des enjeux d’accueil en immigration. La CAQ le mentionne depuis longtemps qu’elle souhaite revoir ses seuils d’immigration annuels à la baisse. Pour Bernard Drainville, l’immigration de l’avenir au Québec doit être une question d’équilibre.

« On ne veut pas rouvrir les vannes. »

Bernard Drainville, candidat à la chefferie caquiste

Plus le nombre d’immigrants qui pourront rester au Québec sera grand, en vertu, par exemple, d’une clause de droit acquis pour le PEQ, moins ils seront nombreux à pouvoir entrer dans la province. Pour le candidat à la chefferie caquiste, il s’agit là d’une « proposition équilibrée. »

Un engagement pour l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska

Le projet d’agrandissement et de modernisation de l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska a eu chaud avec le Plan québécois des infrastructures (PQI). Alors que les travaux étaient déjà entamés, le financement du projet a bien failli être mis sur la glace par le gouvernement.

Questionné sur l’échéancier et la réalisation du projet, M. Drainville s’est engagé, au micro d’Arsenal Media, à ce que les travaux se terminent et à terme.

M. Drainville n’a pas été long à pointer du doigt les gouvernements précédents la CAQ qui, selon lui, sont à la cause de l’état vétuste de certains hôpitaux et écoles du Québec.

« On est en rattrapage. On doit corriger la négligence qui remonte à avant la CAQ et continuer d’investir dans les infrastructures. »

Bernard Drainville, candidat à la chefferie caquiste

Il constate lui-même que, malgré la construction de nouvelles écoles ou la modernisation d’hôpitaux, « [la CAQ] ne fournit pas. » Il martèle qu’il faut continuer à investir en infrastructures.