Articles récents
Articles récents
Le taux de chômage a augmenté pour s’établir à 6,7 % en février au Canada
Un ouvrier inspecte des feuilles d’acier inoxydable après leur pressage à partir de bobines, chez Magna Inoxydable & Aluminium à Montréal, le jeudi 18 septembre 2025. (Photo: LA PRESSE CANADIENNE/Christopher Katsarov) L’emploi s’est révélé nettement inférieur aux prévisions en février, une baisse inattendue de 84 000 emplois ayant fait grimper le taux de chômage à 6,7 %.
Statistique Canada indique vendredi que plus de 100 000 emplois à temps plein ont été supprimés en février, tandis que l’emploi dans le secteur privé a reculé de 73 000 postes.
Un sondage Reuters réalisé auprès d’économistes avant la publication de vendredi prévoyait une légère hausse du taux de chômage, mais tablait également sur une création de 10 000 emplois le mois dernier.
Le marché du travail canadien a créé un total cumulé de 189 000 emplois au cours des quatre derniers mois de 2025, mais 2026 a compensé une partie de ces gains avec deux mois consécutifs de pertes d’emplois en début d’année. La baisse surprise de février fait suite à une perte de 25 000 emplois en janvier.
Statistique Canada souligne que, par rapport au même mois de l’année précédente, l’emploi total avait peu évolué en février.
Les jeunes travailleurs âgés de 15 à 24 ans ont subi une perte de 47 000 emplois le mois dernier, ce qui a effacé une partie des progrès réalisés à la fin de l’année dernière pour réduire les niveaux élevés de chômage chez les jeunes. Les hommes âgés de 25 à 54 ans ont également subi de lourdes pertes d’emplois en février.
Tant le secteur des services que celui de la production de biens ont enregistré une baisse de l’emploi en février. Le secteur du commerce de gros et de détail a été le plus touché avec la suppression de 18 000 emplois, suivi par une perte de 14 000 postes dans les autres services — une vaste catégorie qui comprend les soins personnels ainsi que les travaux de réparation et d’entretien.
Du côté des biens, les secteurs de la construction et de l’industrie manufacturière ont enregistré des baisses.
Les transports et l’entreposage ont créé un peu plus de 10 000 emplois en février, tandis que l’administration publique en a gagné 8100.
Baisse significative au Québec
Le Québec a enregistré une perte de 57 000 emplois en février, ce que Statistique Canada qualifie de première baisse significative de l’emploi dans la province depuis plus de quatre ans. Le taux de chômage dans la province a augmenté de 0,7 point de pourcentage pour atteindre 5,9 % le mois dernier.
L’économiste principal de Desjardins, Sonny Scarfone, souligne que «ce rapport surprend fortement à la baisse», mais qu’il vaut mieux «attendre les données du prochain mois avant de prononcer un verdict sur l’état de l’économie québécoise».
La Colombie-Britannique a quant à elle perdu 20 000 emplois, et la Saskatchewan ainsi que le Manitoba ont également enregistré des pertes d’emplois.
L’emploi est resté stable en Ontario le mois dernier, tandis que 28 000 personnes supplémentaires ont commencé à chercher du travail, ce qui n’a compensé que partiellement la forte baisse du taux d’activité observée dans la province pendant les rigueurs de l’hiver en janvier.
À l’échelle nationale, cependant, le bassin de main-d’œuvre disponible au Canada a de nouveau fléchi en février.
Andrew Hencic, économiste à la Banque TD, écrit vendredi dans une note adressée à ses clients que la diminution de la population active, la hausse du taux de chômage et les pertes d’emplois importantes en font un «rapport résolument faible».
M. Hencic ajoute que l’économie peine à reprendre de la vigueur face aux changements structurels auxquels le Canada est confronté, notamment l’incertitude persistante sur le plan commercial.
Il souligne également que la guerre au Moyen-Orient constitue un «facteur imprévisible» pour l’économie, compte tenu de la durée potentielle du conflit. Une perturbation prolongée entraînerait une période d’inflation prolongée liée à la hausse des coûts énergétiques, ce qui, selon M. Hencic, aurait des répercussions sur les dépenses de consommation et la croissance en général.
Les chiffres de l’emploi de février sont publiés moins d’une semaine avant la prochaine décision de la Banque du Canada sur les taux d’intérêt, prévue le 18 mars. Le taux directeur de la banque centrale s’établit pour le moment à 2,25 % après avoir été maintenu inchangé lors de sa décision de janvier.
Bradley Saunders, économiste pour l’Amérique du Nord chez Capital Economics, précise dans une note que la récente faiblesse du marché du travail confortait son opinion selon laquelle la Banque du Canada éviterait de relever ses taux d’intérêt cette année, même si une flambée des prix du pétrole entraînait une hausse de l’inflation.