Sirop dans l’espace, grogne sur Terre chez les travailleurs de Citadelle

Claude Marquis | 2 avril 2026 | 09:52
Image d'illustration par Depositphotos

Au lieu de se réjouir du lancement de la mission Artémis II, qui transporte, à son bord, du sirop d’érable provenant de la Coopérative Citadelle à Plessisville, le Syndicat des Métallos, qui représente les travailleurs qui ont fabriqué ce sirop, n’entend pas à rire. Ils ont fait parvenir deux lettres à la NASA et à l’Agence spatiale canadienne pour attirer leur attention sur la provenance de cet or blond, mais aussi dans quelles conditions il a été fabriqué.

Avec ces missives, le Syndicat des Métallos invite la NASA et l’Agence spatiale canadienne « à s’assurer que leurs prochains partenariats commerciaux reflètent les valeurs qu’ils souhaitent projeter au pays comme dans l’espace. »

Rappelons que les travailleurs et travailleuses derrière ce sirop sont toujours en grève et ce, depuis le 18 mars. Le litige entre les employés et l’employeur porte principalement sur les salaires, sur le climat de travail considéré comme « toxique » et sur la durée de la convention collective.

Les membres du Syndicat des Métallos, section locale 7885, soutiennent qu’ils travaillent sous une température avoisinant les 13 degrés Celsius et qu’ils sont surveillés en continu par des caméras « qui zooment et enregistrent leurs moindres gestes. » Les employés déplorent qu’ils reçoivent des mesures disciplinaires « sans avoir le droit de donner leur version des faits » et que leurs plaintes de harcèlement psychologique soient ignorées.

Les Métallos dénoncent un sentiment de sécurité au travail qui est « constamment compromis » et des conditions de travail qui sont telles « que le roulement de personnel atteint 70% sur deux ans. »

« Les travailleurs de Citadelle ne demandent pas la lune. Ils demandent le respect », affirme le directeur québécois du Syndicat des Métallos, Nicolas Lapierre.