Opposition quant au dernier appel d’offres pour le développement éolien d’Hydro-Québec

Louis-Philippe Harnois-Arel | 15 avril 2026 | 13:58
(Crédit photo : Depositphotos)

Les membres du regroupement Vent d’élus, mobilisant des personnalités actives et passées du milieu municipal (notamment de Nicolet-Yamaska et d’Arthabaska dans le Centre-du-Québec), sont déçus quant au lancement du plus récent appel d’offres pour le développement éolien d’Hydro-Québec vendredi.

Rappelons qu’ils avaient réclamé sa suspension en mars.

L’organisation soulève plusieurs enjeux liés à la protection du territoire agricole et à l’acceptabilité sociale. Elle réitère finalement sa demande pour la réalisation d’un BAPE générique sur la filière éolienne.

Protection du territoire agricole

Vent d’élus dénonce que l’entente de principe conclu avec l’Union des producteurs agricoles il y a quelques jours n’est que facultatif et n’engage pas les promoteurs, MRC et municipalités qui doivent encadrer légalement ces projets.

Les pénalités financières pour l’utilisation de terres d’après leur classement n’iraient pas assez loin selon le regroupement, souhaitant plutôt une exclusion complète.

« Une éolienne ne vient jamais seule, il y a des lignes de transport, des sous-stations, des agrandissements de parcs. Les mégawatts ne se mangent pas et aucun montant d’argent ne peut remplacer une terre compactée ou bétonnée. On hypothèque notre souveraineté alimentaire à petites bouchées », estime Rachel Fahlman, présidente de Vent d’élus.

Acceptabilité sociale

Les critères d’acceptabilité sociale prévus dans l’appel d’offres reposeraient notamment sur des résolutions adoptées par les instances locales ainsi que sur des démarches de consultation menées par les promoteurs.

Vent d’élus considère que cette définition ne garantit pas nécessairement un consentement formel de la population. L’organisation exprime des préoccupations quant au fait que la tenue de consultations plus larges ou de mécanismes décisionnels impliquant directement les citoyens ne soit pas obligatoire.

Une zone à Sainte-Eulalie ciblée

Dans l’appel d’offres publié par Hydro-Québec vendredi, la Société d’État signifie qu’un potentiel de 1 000 MW serait ciblé dans une zone près de Sainte-Eulalie, la seule au Centre-du-Québec.

La date limite pour le dépôt de soumissions est le 26 février 2027.

Voici les critères cités dans le document disponible sur le web :

  • Hydro-Québec privilégiera les projets développés en partenariat avec les collectivités d’accueil et les Premières Nations, afin de favoriser une participation active des communautés et des retombées locales durables;
  • Les projets devront bénéficier de l’appui clair des municipalités concernées et devront démontrer une intégration respectueuse dans leur milieu;
  • Une consultation auprès de la population doit être menée en amont du dépôt des projets, et les promoteurs doivent démontrer comment les préoccupations exprimées ont été prises en compte;
  • En plus des ententes négociées avec les propriétaires, les promoteurs devront verser une contribution financière annuelle aux collectivités qui administrent le territoire.