La Coopérative Citadelle accusée d’avoir utilisé des briseurs de grève en plein conflit de travail

Claude Marquis | 27 avril 2026 | 09:21
La Coopérative Citadelle, à Plessisville. (Capture d'écrans de Google Maps)

Des enquêteurs dépêchés par le ministère du Travail le 9 avril dernier ont débusqué plus d’une vingtaine de briseurs de grève qui s’affairaient à poursuivre les opérations de la Coopérative Citadelle, à Plessisville, pendant le conflit de travail qui l’oppose à ses travailleurs syndiqués, selon un communiqué envoyé par le Syndicat des Métallos, lundi matin.

« La Coopérative Citadelle, à Plessisville, a été prise la main dans le sac, alors qu’elle aurait recours illégalement à des briseurs de grève pour poursuivre ses opérations, » peut-on lire dans le communiqué envoyé par le syndicat.

Le Syndicat des Métallos a ainsi demandé une audience « en urgence » au Tribunal administratif du Travail afin de faire cesser cette pratique illégale. Celle-ci devrait avoir lieu mercredi le 29 avril. 

Pour le représentant syndical, Dany Maltais, tout cela est « indécent »,

« La Coopérative se moque du Code du travail et contourne outrageusement les règles pour poursuivre ses opérations. Elle aurait plutôt intérêt à démontrer du respect envers les travailleur.euse.s syndiqué.e.s pour régler les problèmes finaliser la négociation et reprendre ses opérations en toute légalité. »

Dany Maltais, représentant syndical des Métallos

Alors que les travailleurs déplorent déjà un climat de travail « toxique » au sein de la Coopérative, Dany Maltais se désole que l’employeur soit maintenant en train « de chiffonner » avec le Code du travail.

Selon le Syndicat des Métallos, les enquêteurs du ministère du Travail ont observé des manquements à l’article 109.1 a) et g) du Code du travail. Ces articles stipulent qu’il est interdit à un employeur :

a)    d’utiliser les services d’une personne pour remplir les fonctions d’un salarié faisant partie de l’unité de négociation en grève ou en lock-out, lorsque cette personne a été embauchée entre le jour où la phase de négociation commence et la fin de la grève ou du lock-out;

g)    d’utiliser dans l’établissement où la grève ou le lock-out a été déclaré, les services d’un salarié qu’il emploie dans cet établissement pour remplir les fonctions d’un salarié faisant partie de l’unité de négociation en grève.

Rappelons que la centaine de membres de la section locale 7885 à la Coopérative Citadelle, qui embouteille du sirop d’érable pour près de 2000 producteurs acéricoles, ont déclenché une grève générale illimitée le 18 mars dernier, après avoir rejeté une offre finale et globale de l’employeur. Le conflit porte sur les conditions de travail, la santé et sécurité ainsi que sur le climat de travail dans l’usine.