Dossier santé numérique | L’APTS veut des correctifs urgents

Michel Scarpino | 30 avril 2026 | 09:28
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L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) a fait connaître son inquiétude en lien avec le niveau de préparation du personnel dans les établissements visés par le déploiement du Dossier de santé numérique (DSN).

L’APTS affirme qu’une personne salariée sur deux ne se sent pas prête à utiliser le DSN au quotidien, selon un sondage mené auprès de ses membres des CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec ainsi que du Nord-de-l’Île-de-Montréal.

« Il ne s’agit pas de résister au changement, nos membres comprennent la nécessité de moderniser le réseau. Mais à l’heure actuelle, trop de personnes ont l’impression qu’on leur demande de travailler avec un système incomplet ou mal adapté à leur réalité professionnelle», explique Robert Comeau, président de l’APTS.

Selon le sondage, 80% des personnes interrogées ont suivi les formations, mais moins de 13% pensent être préparées adéquatement pour travailler avec le DSN, dès le 9 mai.

L’imagerie médicale, la radio-oncologie, la médecine nucléaire, les laboratoires ainsi que la santé mentale, la nutrition clinique et la réadaptation physique sont autant de secteurs où se vivent des inquiétudes, estime le syndicat.

«Le problème n’est pas la volonté de se former, mais l’écart entre les formations offertes et la réalité du travail clinique. À l’heure actuelle, les parcours de soin sont incomplets, mal configurés, ou ne permettent pas de couvrir l’ensemble des tâches professionnelles dans plusieurs secteurs», ajoute le président de l’APTS.

De plus, 62% des répondants n’ont pas été en mesure de faire l’heure minimale de pratique hebdomadaire qui a été recommandée pour la simulation du DSN , entre autres par manque de temps.

Sans demander l’abandon ou le report du projet, l’APTS a demandé à Santé Québec d’agir rapidement, pour réduire les risques pour le personnel et la population, notamment par un rattrapage rapide et ciblé des formations, sur des plateaux techniques et des secteurs cliniques les plus à risque.

« Implanter le DSN, ce n’est pas une simple conversion informatique, c’est un changement profond des pratiques professionnelles. Si la transition se fait sans les correctifs nécessaires, on risque de fragiliser l’accès et la qualité des soins et services tout en épuisant davantage le personnel. Écouter les travailleur•se•s maintenant, c’est éviter des bris de services plus tard», conclut Robert Comeau.