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Toyota BZ 2026, ou des changements qui sont bienvenus
Courtoisie Par Marc Bouchard
Le Toyota bZ n’a jamais eu la vie facile. Dès son arrivée sur le marché, le multisegment électrique japonais a dû composer avec une autonomie correcte mais sans éclat, une recharge décevante et une ergonomie parfois difficile à défendre face à une concurrence devenue extrêmement agressive.
Pour 2026, Toyota revient avec une version profondément améliorée de son véhicule électrique, au point même d’abandonner officiellement l’appellation bZ4X pour simplifier le tout. Une bonne idée. Parce qu’au-delà du nom compliqué, c’est surtout le produit lui-même qui avait besoin d’un sérieux coup de pouce.
Et honnêtement, Toyota a fait plusieurs choses correctement.
D’abord, il faut reconnaître que les ingénieurs ont enfin écouté certaines critiques. La recharge rapide est nettement améliorée. Dans un monde où Hyundai, Kia et General Motors imposent des standards élevés, Toyota ne pouvait plus se permettre un véhicule électrique qui semblait constamment essoufflé lorsqu’il était branché à une borne rapide. Le nouveau système accepte maintenant des puissances plus élevées et, surtout, maintient une meilleure courbe de recharge.
Parce que oui, Toyota a aussi travaillé la gestion thermique de la batterie. Et au Québec, c’est loin d’être un détail. Le préconditionnement de batterie permet enfin de préparer la cellule avant une recharge rapide, améliorant les performances lorsque le mercure plonge. C’était devenu pratiquement obligatoire dans cette catégorie.
L’autonomie grimpe aussi légèrement selon les versions, sans transformer le bZ en champion absolu. En fait, la réalité est difficile à percevoir. Mon modèle d’essai, la version XLE AWD, devrait normalement afficher 468 kilomètres d’autonomie. Or, par un petit matin printanier, il affichait 314 kilomètres seulement. Il est vrai qu’à l’usage, il a mieux fait, mais jamais autant que ne le prévoyait le fabricant. C’est là une des grandes déceptions de mon essai.
Sur la route, le Toyota bZ demeure fidèle à la philosophie de la marque. Ce n’est pas un véhicule sportif, même si la version à rouage intégral offre maintenant des accélérations plus convaincantes et plus de puissance avec ses 338 chevaux, voisin de la Toyota Supra. Mais le confort est bien dosé, la suspension absorbe correctement les imperfections et le silence de roulement impressionne toujours. Toyota sait fabriquer des véhicules faciles à vivre, et le bZ ne fait pas exception.
Là où le portrait commence à se compliquer, c’est lorsqu’on s’installe à bord.
Visuellement, le design intérieur cherche clairement à être futuriste. Le problème, c’est qu’on a parfois l’impression que les designers ont gagné certains combats contre les ergonomes. Le tableau de bord surélevé demeure étrange. On finit par s’y habituer, mais il oblige souvent à ajuster le volant dans une position moins naturelle pour bien voir les informations. Certaines personnes aimeront l’approche différente. Personnellement, même si les informations cachées par le volant sont généralement de peu d’utilité, je n’ai pu m’empêcher de me déhancher à chaque usage pour voir ce que je manquais.
Même constat pour certains contrôles tactiles. Toyota a amélioré l’interface multimédia, heureusement, mais plusieurs fonctions demeurent dispersées dans des menus qui demandent trop d’attention. Dans un véhicule moderne, l’ergonomie devrait simplifier la vie du conducteur. La bonne nouvelle cependant, c’est que pour la nouvelle année, l’écran s’est agrandi, ce qui rend son usage plus facile.
Et puis il y a ces choix de finition franchement curieux. Toyota utilise différents recouvrements de plastiques mous un peu partout dans l’habitacle, probablement pour donner une impression plus haut de gamme. Mais plusieurs textures semblent artificielles et parfois carrément mal assorties. Certains panneaux donnent presque l’impression d’avoir été ajoutés après coup. On comprend l’intention, mais le résultat n’est pas exactement à la hauteur des attentes.
Plus étonnant encore : malgré ces efforts esthétiques, la qualité réelle des matériaux demeure assez ordinaire pour un véhicule de ce prix. Rien n’est catastrophique, attention. L’assemblage est solide, comme souvent chez Toyota. Mais lorsqu’on touche certains plastiques ou certaines surfaces de portières, on réalise rapidement que plusieurs concurrents offrent aujourd’hui une présentation plus raffinée.
C’est probablement là que le Toyota bZ 2026 devient le plus difficile à évaluer. Techniquement, il progresse énormément. La recharge est enfin crédible. L’efficacité est meilleure. Le comportement routier inspire confiance. Mais l’expérience dans l’habitacle continue de manquer de naturel et de chaleur.
Cela dit, il ne faut pas sous-estimer Toyota. La marque possède une clientèle extrêmement fidèle, et plusieurs acheteurs recherchent justement cette approche rassurante plutôt qu’un véhicule spectaculaire. Le bZ 2026 devient donc beaucoup plus facile à recommander qu’avant, surtout pour quelqu’un qui veut passer à l’électrique tout en restant dans l’univers de Toyota.
Mais dans un segment où les concurrents foisonnent désormais, le Toyota bZ donne encore parfois l’impression d’être un véhicule conçu par des ingénieurs très compétents mais supervisés par un comité un peu trop prudent.
Il est meilleur. Nettement meilleur. Mais il n’est pas encore complètement libéré de certaines décisions étranges qui empêchent ce Toyota électrique d’atteindre son plein potentiel.
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