Que faire si on craint d’avoir été exposé à la rage du raton laveur?
Un raton laveur se promène dans une zone boisée sur Avery Island, en Louisiane, le mardi 27 avril 2021. (Photo AP/Gerald Herbert) Depuis le début de l’année, 71 cas de rage du raton laveur et 3 cas de rage de la chauve-souris ont été confirmés au Québec. Le foyer principal (qui touche l’Estrie et la Montérégie ) s’accroît, ce qui fait en sorte que de plus en plus de gens cohabitent avec des animaux qui ont la rage. Que faire si on est exposé à un animal infecté?
Cette maladie est mortelle dans 100 % des cas chez l’humain. «Comme beaucoup de gens maintenant vivent autour d’animaux rabiques, il faut qu’ils sachent quoi faire pour ne pas s’exposer et ne pas nous-mêmes développer la rage», explique en entrevue la Dre Alex-Ane Mathieu, médecin-conseil en santé publique au CISSS de la Montérégie-Centre.
«Dès que la personne est exposée, c’est vraiment important de ne pas attendre parce que dès qu’il y a des symptômes, c’est trop tard. Il n’y a pas de traitement pour la rage. Si l’humain développe les premiers symptômes, c’est le décès», indique la Dre Mathieu.
La rage se transmet par une morsure, une griffure ou le contact de la salive ou des tissus neurologiques d’un animal infecté qui entre en contact avec les yeux, la bouche ou une plaie. Si on est exposé, il faut consulter un professionnel de la santé au plus vite. On peut se rendre dans une clinique, à l’urgence ou appeler Info-Santé au 8-1-1 pour qu’on détermine si c’est réellement une exposition.
Le professionnel de la santé doit évaluer plusieurs paramètres. «S’il considère qu’effectivement c’est à risque de rage, alors il va administrer les traitements préventifs qu’on appelle une prophylaxie post-exposition, mentionne Dre Mathieu. Ça consiste à une injection d’immunoglobulines et quatre à cinq doses de vaccins contre la rage qui sont données sur des jours différents.»
Ces injections, qui servent à prévenir que la rage se développe, peuvent encore être administrées plusieurs mois après l’exposition. Mais l’idéal est vraiment de se faire évaluer par un professionnel dans les heures ou les jours suivants, car on ne sait pas exactement combien de temps cela prend avant qu’une personne développe la rage. Cela peut être rapide, notamment s’il s’agit d’une attaque avec plusieurs morsures.
Le dernier cas de rage humaine recensé au Québec remonte à octobre 2000.
Des risques chez les animaux domestiques
L’autre volet pour se protéger de la rage est d’agir en prévention. La première règle est de ne pas s’approcher d’un animal sauvage, même s’il est mort.
«Pour les chauves-souris, on fait encore plus attention parce que des fois, elles peuvent mordre sans même qu’on le réalise. Donc, en général, on dit aux gens ne pas toucher aux animaux qui pourraient être atteints de la rage. Il faut vraiment éviter tout contact direct parce que ça peut survenir, même si l’animal a l’air amorphe, a l’air calme ou n’a pas l’air agressif comme on peut penser pour la rage typiquement», détaille Dre Mathieu.
Elle met en garde également à propos de la contamination par les animaux domestiques, car les mêmes règles s’appliquent. Un chat ou un chien contaminé qui lèche une blessure que nous avons ou qui nous griffe pourrait nous transmettre la rage. La meilleure protection est de faire vacciner notre animal.
On conseille aussi de ne pas laisser son animal domestique à l’extérieur sans supervision. «S’ils se font attaquer par un animal ou si eux-mêmes attaquent un animal sauvage, il y a un risque de transmission. Si jamais ça survient, je pense qu’il faut que les gens consultent un médecin vétérinaire pour leur animal aussi (s’il n’est pas vacciné), puis tenter eux-mêmes de ne pas s’exposer en voulant séparer des fois la bataille», prévient Dre Mathieu.
La rage du raton laveur a fait un retour au Québec en décembre 2024 en raison d’une introduction dans le secteur de Saint-Armand, en provenance du Vermont, aux États-Unis. «Ce foyer a atteint la rive ouest du Richelieu au printemps 2026 et s’étend maintenant vers le nord jusqu’à Mont-Saint-Hilaire (près de la couronne sud de Montréal) et Saint-Barnabé-Sud. Il a également traversé la rivière Richelieu pour atteindre Saint-Jean-sur-Richelieu ce printemps», écrit dans un courriel transmis à La Presse Canadienne le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.
Un second foyer de rage du raton laveur se trouve dans le secteur de Stanstead, en Estrie. Ces cas ne sont pas associés au foyer épidémique initial à Saint-Armand, et se trouvent dans un secteur où la maladie n’avait jamais été détectée auparavant.
Les animaux visés par les opérations de surveillance et de contrôle de la rage du raton laveur sont les ratons laveurs, les mouffettes et les renards.