Autobus La Québécoise perd deux permis de transport interurbain dans la région

Claude Marquis | 22 septembre 2026 | 13:31
Autobus La Québécoise. (Photo site web La Québécoise)

Les Autobus La Québécoise (ALQ) ne passeront plus dans la région. La Commission des Transports du Québec (CTQ) a récemment révoqué deux permis dont l’entreprise était titulaire et qui assuraient des dessertes dans plusieurs municipalités d’Arthabaska, de L’Érable, ainsi qu’à Drummondville, en direction de Sherbrooke et de Québec.

Il faut savoir qu’ALQ n’assurait plus le service dans Arthabaska et L’Érable, depuis la fin mars 2026, dû à un lock-out qui touche certains de ses chauffeurs. Le lock-out chez ALQ est d’ailleurs toujours en vigueur.

Pour pallier au bris de service, Orléans Express a repris la liaison Victoriaville – Québec en juin dernier.

Dans la décision datée du 11 septembre dernier, on comprend que la Direction des affaires juridiques (DAJ) de la CTQ accusait ALQ d’avoir modifié, réduit ou supprimé plusieurs services sans avoir obtenu l’autorisation de la Commission, et ce, malgré plusieurs avertissements et occasions de régulariser la situation.

Un des permis visés par la demande autorisait la desserte par ALQ du corridor Sherbrooke – Richmond – Drummondville – Victoriaville – Québec, selon un horaire autorisé au dossier. Les municipalités autorisées sur le parcours étaient Sherbrooke, Windsor, Val‑Joli, Cleveland, Richmond, Danville, Asbestos, Kingsey Falls, Warwick, Saint‑Christophe‑d’Arthabaska, Victoriaville, Princeville, Plessisville, Notre‑Dame‑de‑Lourdes, Saint-Léonard-d’Aston, Villeroy, Laurier-Station, Saint‑Apollinaire et Québec.

La DAJ a constaté « certaines irrégularités relativement à la grille horaire en vigueur et approuvée par la Commission. » La preuve a démontré qu’environ 60% de l’horaire publié et suivi par ALQ différait de celui approuvé par la CTQ. L’arrêt à Saint-Léonard-d’Aston avait notamment été retiré alors qu’il était prévu au permis.

Le deuxième permis révoqué autorisait la desserte par l’entreprise du corridor Sherbrooke ‑ Québec en service express. Les municipalités desservies sur le parcours étaient Sherbrooke, Drummondville, Saint-Léonard-d’Aston et Québec. Dans la décision, on peut lire que « les faits recueillis [ont démontré] que, suivant la fin de l’état d’urgence sanitaire liée à la pandémie COVID-19, il n’y a eu aucune reprise de [ce service], et ce, depuis plusieurs années. » Même lors de la reprise, les horaires ne correspondaient pas entièrement à ceux autorisés.

La RÉPONSE D’ALQ

Dans la décision d’une quarantaine de pages, ALQ ne nie pas les irrégularités, mais explique notamment ses difficultés par la faible rentabilité du transport interurbain, les conséquences de la pandémie, le manque de ressources et les problèmes liés aux terminus.

L’entreprise demande essentiellement à la Commission de ne pas révoquer les permis, notamment parce qu’elle est le seul transporteur autorisé sur certains corridors et que leur disparition laisserait la clientèle sans service.

Questionnée à savoir si la révocation des deux permis signifiait la fin permanente des services de transport collectif assurés par ALQ dans les secteurs visés, la CTQ répond par l’affirmative. La Commission précise, par contre, que « rien n’empêche un transporteur intéressé à desservir ces secteurs de déposer une demande de permis auprès de la Commission. »

Le transporteur Transdev Canada aurait d’ailleurs déjà fait une demande de permis temporaire de 90 jours pour le trajet Sherbrooke – Drummondville, laquelle est à l’étude auprès de la Commission.

ALQ n’a pas donné suite aux demandes de monvicto.com.