Le chef libéral Pablo Rodriguez sévit et choisit d’exclure Marwah Rizqy

La Presse Canadienne | 2 décembre 2025 | 14:22
La député, Marwah Rizqy, interroge le gouvernement à l'Assemblée nationale du Québec, le mercredi 1er octobre 2025. (LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot)

Le chef libéral Pablo Rodriguez a finalement sévi: l’ex-cheffe parlementaire Marwah Rizqy a été exclue du caucus du parti, deux semaines après avoir été suspendue pour un différend avec son chef.

«Elle a choisi de tourner le dos à notre équipe, ça suffit. Ça suffit», a-t-il tranché mardi après-midi en conférence de presse, entouré de plusieurs députés du caucus.

«Ces deux dernières semaines, elle a fait beaucoup de tort au Parti libéral du Québec.»

M. Rodriguez a affirmé que son ex-collègue lui avait «manqué de loyauté» en n’expliquant pas les motifs de sa décision de congédier sa cheffe de cabinet, Geneviève Hinse, sans l’informer d’abord. Selon lui, la députée de Saint-Laurent ne lui a jamais répondu lorsqu’il lui a demandé plus d’explications.

Mme Hinse, une proche de M. Rodriguez, pourrait d’ailleurs être réintégrée dans son poste de cheffe de cabinet, a-t-il annoncé en conférence de presse.

«Moi j’ai rien devant moi qui me dit qu’il y a quelque chose de mal qu’elle ait fait. Comment on peut renvoyer quelqu’un comme ça?», a lancé M. Rodriguez.

Les raisons du congédiement de Mme Hinse demeurent nébuleuses encore aujourd’hui. Dans sa seule communication depuis les événements, Mme Rizqy a argué qu’elle ne pouvait commenter publiquement, car il s’agissait d’un dossier de ressources humaines.

Depuis ce temps, le parti est emmêlé dans une crise qui est accentuée par la publication de plusieurs allégations visant le parti et la course à la chefferie de M. Rodriguez. 

Mardi matin, les médias de Québecor ont rapporté qu’un entrepreneur aurait versé de l’argent à la campagne de M. Rodriguez, à la demande d’un ami qui aurait recherché un prête-nom.

En conférence de presse, M. Rodriguez a réitéré qu’il y aurait une enquête sur les allégations sur la course à la chefferie menée par l’ancien juge Jacques R. Fournier. Son rapport doit être remis fin janvier.

«On veut aller au fond des choses. Si des gestes repréhensibles sont confirmés au terme de cette enquête-là, il y aura des conséquences», a-t-il assuré.

«On est écœurés»

Interrogés avant cette conférence de presse, plusieurs députés du caucus ont montré des signes d’exaspération face à ce qui se passe.

«On est écœurés au caucus, a lâché le député de Marquette, Enrico Ciccone. Moi personnellement, je suis tanné de ça. Un moment donné, ça va faire.»

Le député Monsef Derraji s’est aussi dit «tanné» des événements.

«L’ensemble des collègues au caucus veulent que la lumière soit faite. Et s’il y a des gens qui ont fait quelque chose de pas correct, qu’on les nomme et qu’on les mette dehors», a-t-il soutenu.

«Moi aussi je suis tanné, tanné de tout cela.»