Collision mortelle sur la route 116 : la coroner émet des recommandations concernant les nouveaux arrivants

Claude Marquis | 8 janvier 2026 | 13:55
(Image d'illustration Depositphotos)

La coroner Me Nancy Bouchard s’est penchée sur la mort d’un travailleur mexicain qui est décédé, en mai dernier, des suites d’une collision routière survenue sur la route 116, à Princeville, plusieurs mois plus tôt. La coroner a émis deux recommandations à la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) « quant à la mise à niveau des compétences de conduite des nouveaux arrivants et à la sensibilisation aux dangers de la conduite hivernale. »

Selon le rapport de la coroner, le jeune homme de 29 ans, originaire du Mexique, est décédé des suites « d’un polytraumatisme sévère survenu après une collision routière. » La collision est survenue le 27 janvier 2025, vers 16h30, sur la route 116, à Princeville. Le jeune homme a été hospitalisé pendant plusieurs mois, à Trois-Rivières, avant qu’il ne soit décidé que la meilleure approche pour lui procurer des soins était une « approche palliative. » La victime a finalement succombé à ses importantes blessures le 26 mai 2025.

Le rapport soulève les conditions météorologiques difficiles qui prédominaient lors de cette journée. « Il y avait beaucoup de bourrasques et de poudrerie au sol, la visibilité était difficile et la chaussée enneigée et glissante », peut-on lire dans le rapport de la coroner. La force du vent était telle que des témoins de la scène ont déclaré « qu’il avait pour effet de pousser les véhicules en mouvement. »

Dans son rapport, la coroner Bouchard s’attarde également au permis de conduire québécois de la victime qui n’était pas valide au moment de l’accident.

Au moment de la collision, la victime détenait effectivement un permis de conduire valide au Mexique, mais pas au Québec. « Des vérifications effectuées auprès de la SAAQ ont permis de comprendre que le jeune homme avait l’autorisation pour conduire avec son permis étranger jusqu’en mai 2024. Il a réussi ses examens théoriques en décembre 2024, mais il devait aussi réussir un examen pratique afin de pouvoir conduire sur les routes du Québec après mai 2024. » Malheureusement, le travailleur mexicain n’avait pas complété les démarches pour faire reconnaître son expérience de conduite.

La SAAQ mentionne, sur son site web, que « pendant les 6 premiers mois suivants la date d’établissement au Québec, les nouveaux arrivants peuvent conduire une automobile, une motocyclette ou un cyclomoteur s’ils sont titulaires d’un permis de conduire valide, obtenu à l’extérieur du Québec. » Par contre, pour pouvoir continuer de conduire au Québec à l’expiration du délai de 6 mois, les nouveaux arrivants doivent « faire reconnaître leur expérience de conduite acquise à l’extérieur du Québec afin d’obtenir leur permis québécois. »

Pour éviter qu’une situation du même genre ne se reproduise, la coroner Bouchard émet deux recommandations à la SAAQ, soit de revoir les règles en ce qui concerne les nouveaux arrivants afin d’assurer la mise à niveau de leur expérience de conduite pour leur propre sécurité et celle des autres ainsi que de développer des activités de sensibilisation auprès des nouveaux arrivants concernant les dangers de la conduite hivernale au Québec.