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François Legault cède sa place, reconnaissant la soif de changement au Québec
François Legault annonce sa démission comme premier ministre du Québec lors d'une conférence de presse à Québec, le 14 janvier 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot Face à l’insatisfaction qui gronde depuis des mois, le premier ministre du Québec, François Legault, a jeté l’éponge, mercredi, et annoncé sa démission «pour le bien de mon parti et surtout pour le bien du Québec».
Il a précisé qu’il resterait en poste jusqu’à ce qu’on lui choisisse un successeur à la tête de la Coalition avenir Québec (CAQ).
«Je vois bien qu’actuellement, beaucoup de Québécois souhaitent d’abord du changement, entre autres un changement de premier ministre», a déclaré M. Legault, à son bureau de Québec, entouré de son épouse, Isabelle Brais, et de son bras droit, Martin Koskinen.
«Je souhaite vraiment que la prochaine élection porte sur les grands défis qu’on a au Québec, et non sur une simple volonté de changement», a-t-il expliqué, visiblement serein.
Il avait convoqué la presse à 9 h 45 pour une annonce à 11 h durant laquelle il n’a pris aucune question, préférant dresser le bilan de ses réalisations.
Il s’est notamment félicité d’avoir réduit l’écart de richesse avec l’Ontario et signé une entente avec Terre-Neuve-et-Labrador pour développer l’hydro-électricité. Cette entente est toutefois chambranlante depuis l’élection, en octobre, de Tony Wakeham comme premier ministre de cette province.
Les membres de sa garde rapprochée avaient tous le visage long, mercredi. Une attachée avait en main un mouchoir et pleurait.
«Chaque jour, je me suis levé en me disant: « Je veux ce qu’il y a de mieux pour les Québécois ». Je n’ai pas toujours réussi, mais je peux vous garantir que j’ai essayé très fort avec toute l’énergie que j’avais», a déclaré M. Legault.
«Être le premier ministre du Québec, ça a été pour moi le plus grand honneur de ma vie», a-t-il ajouté.
Qui lui succédera?
François Legault est le père fondateur de la CAQ; les règles de la course à la chefferie qui élira son successeur doivent encore être écrites.
Informée du départ de son chef en matinée, la directrice générale de la CAQ, Brigitte Legault, a dit souhaiter que les choses se fassent «rapidement». «Je n’ai pas l’intention de traîner six mois», a-t-elle affirmé en mêlée de presse.
Le gouvernement doit encore déclencher une élection partielle dans Chicoutimi et le scrutin général va avoir lieu en octobre 2026. La CAQ a donc besoin d’un chef rapidement.
Le Conseil exécutif national du parti va d’ailleurs se réunir ce mercredi en soirée pour commencer à échafauder les règles de la course.
«Donc suite à ça, si plusieurs candidats se qualifient, il y aura une course, il y aura des débats, il y aura un agenda et il y a aura un calendrier», a expliqué Brigitte Legault.
La constitution du parti devra vraisemblablement aussi être amendée, puisqu’il y est écrit que le «chef de la Coalition est monsieur François Legault, et ce, jusqu’au moment où la fonction de chef devient vacante».
Plusieurs noms de ministres ont circulé pour potentiellement succéder à M. Legault: Sonia LeBel, Simon Jolin-Barrette, Geneviève Guilbault, Bernard Drainville et Christine Fréchette.
Le nom de l’ancien chef de l’Action démocratique du Québec (ADQ), Mario Dumont, revient aussi régulièrement dans la conversation, mais le principal intéressé a toujours fermé la porte.
Longue carrière politique
Élu premier ministre pour la première fois en 2018, François Legault a mis fin à l’alternance historique entre le Parti libéral et le Parti québécois.
Après avoir affronté la pandémie de coronavirus en 2020, il a été réélu avec les coudées franches, en 2022, avec 90 députés sur 125.
Son second mandat aura toutefois été marqué par plusieurs controverses, notamment l’échec de Northvolt et le fiasco SAAQclic et, plus récemment, la réforme de la rémunération des médecins.
Dans la foulée de ces controverses, et malgré une tentative de relancer son gouvernement en lui faisant prendre un virage à droite, M. Legault a été confronté à des intentions de vote faméliques.
Dans un sondage de Pallas Data pour l’agrégateur de sondages Qc125 et «L’Actualité» publié mardi, la CAQ figure au dernier rang des intentions de vote, à égalité avec Québec solidaire (11 %).
Selon la même enquête, 75 % des répondants avaient une impression défavorable du premier ministre.
La réforme de la rémunération des médecins a d’ailleurs coûté deux ministres importants au gouvernement caquiste: Lionel Carmant (Services sociaux) et Christian Dubé (Santé).
Au total, pas moins de 11 députés auront quitté le navire caquiste depuis 2022.
Malgré ces nombreux revers, M. Legault avait toutefois martelé dans une tournée d’entrevues en décembre qu’il serait sur les rangs pour les prochaines élections québécoises, prévues en octobre.
Âgé de 68 ans, François Legault est comptable de formation et le cofondateur d’Air Transat. Il a été recruté en politique en 1998 par l’ancien premier ministre péquiste Lucien Bouchard.