Chefferie caquiste: Bernard Drainville se lance pour le «vrai monde»

La Presse Canadienne | 24 janvier 2026 | 15:27
LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot

Le ministre de l’Environnement, Bernard Drainville, a choisi de prendre de court sa collègue à l’Économie, Christine Fréchette, et de lancer sa course à la chefferie samedi. Il veut que la CAQ soit le «parti du vrai monde».

«Pour regagner la confiance des Québécois, il faut rester fidèle à l’ADN de la CAQ: un nationalisme de centre-droit enraciné dans nos régions et porté par le courage et la passion. C’est ça la troisième voie», a-t-il affirmé dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux samedi après-midi. 

M. Drainville a l’appui du ministre délégué à l’Économie, Samuel Poulin, et des députés Kariane Bourassa, Marilyne Picard, Yannick Gagnon et Isabelle Lecours. 

«Pour moi, c’est clair : la CAQ doit être le parti du vrai monde. Les gens ordinaires qui travaillent fort, paient leurs impôts, élèvent leur famille et veulent offrir un avenir meilleur à leurs enfants. On ne les entend pas dans les médias. Ils n’ont pas de lobbys pour parler peur eux. Je veux être leur voix. C’est pour eux que je suis en politique», a-t-il dit. 

«Le vrai monde, c’est aussi le Québec des régions. Nos régions, c’est notre énergie, nos ressources, notre territoire. Elles donnent beaucoup au Québec et elle mérite un juste retour. C’est pour ça qu’on a besoin d’un gouvernement économique», ajoute Bernard Drainville. 

Selon lui, les «Québécois paient assez de taxes et d’impôts». «Maintenant il faut travailler sur l’efficacité», lance-t-il. 

Bernard Drainville a commencé sa carrière politique au Parti québécois. Il a été ministre des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne sous Pauline Marois. 

En 2022, il fait un retour en politique et se fait élire dans la circonscription de Lévis pour la Coalition avenir Québec (CAQ). Il a été ministre de l’Éducation, puis de l’Environnement. 

«On a surtout besoin d’un gouvernement fièrement nationaliste qui affirme ce qui fait du Québec une nation unique en Amérique: notre langue, notre culture, notre histoire, vos valeurs», soutient Bernard Drainville dans sa vidéo de lancement. 

Le député de Lévis est un fervent défenseur du controversé projet de troisième lien.

«On cherche la nouvelle génération»

Aussi lancé, aussi critiqué. La présidente de la FTQ, Magali Picard, n’a pas caché son préjugé défavorable envers Bernard Drainville.  

«M. Drainville s’est présenté devant les jeunes caquistes avec le poing en l’air en disant qu’il s’attaquerait aux syndicats (…) On cherche la nouvelle génération. On ne veut pas de la politique comme ça se faisait il y a 20 ans, 30 ans, 40 ans (…) On cherche des gens qui sont progressistes, ouverts et qui sont capables de s’asseoir avec tout le monde et les contre-pouvoirs et avoir un agenda ouvert», a-t-elle lancé. 

Mme Picard était présente samedi au congrès du PQ à Saint-Hyacinthe. Elle a rencontré le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon.

De son côté, le ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Jean-François Simard, a indiqué qu’il renonçait à se porter candidat. 

«Ma préoccupation première était qu’il n’y ait pas de couronnement et que nous puissions, ensemble, avoir un véritable débat centré sur les idées. J’en ai désormais la conviction. Je suis honoré des appuis reçus pendant ma réflexion», a-t-il écrit dans une déclaration transmise à La Presse Canadienne. 

Fréchette dimanche

La ministre Christine Fréchette va se lancer dimanche à Trois-Rivières pour tenter de succéder à François Legault.

Elle cumule déjà plusieurs appuis au sein du caucus caquiste, dont les ministres Gilles Bélanger, Benoit Charette, Mathieu Lacombe, Kateri Champagne Jourdain et Ian Lafrenière.

Vendredi, le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, a finalement annoncé qu’il renonçait à se lancer dans la course. 

Les règles de la course ont été dévoilées jeudi. Bernard Drainville et Christine Fréchette devront se retirer temporairement de leurs fonctions de ministre pour être candidats.

Pour se qualifier, les candidats devront obtenir la signature de 1000 membres de CAQ provenant d’au moins 75 circonscriptions, incluant 15 députés et 100 membres de l’aile jeunesse du parti.

Ils devront aussi faire une contribution forfaitaire non remboursable de 30 000 $. Les dépenses électorales sont plafonnées à 150 000 $.

Les personnes intéressées ont jusqu’au 21 février pour déposer leur candidature. Le nouveau chef de la CAQ, et donc le prochain premier ministre, sera choisi le 12 avril.