La ministre Christine Fréchette se lance dans la course à la chefferie de la CAQ

La Presse Canadienne | 25 janvier 2026 | 10:24
LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi

La ministre de l’Économie, Christine Fréchette, s’est officiellement lancée dimanche dans la course à la direction de la Coalition avenir Québec (CAQ) en mettant l’accent sur le nationalisme et l’économie. 

Entourée de ministres et de députés qui l’appuient, Mme Fréchette s’est exprimée dans les locaux de l’entreprise spécialisée en construction industrielle Groupe PRO-B, à Trois-Rivières, la ville où elle est née.

«Cette entreprise-là, elle incarne les gens, les entrepreneurs, les entreprises que moi, je veux aider, que nous, on veut aider», a-t-elle déclaré, soulignant que le Groupe PRO-B s’inscrit dans le secteur de la transition énergétique et de la défense. 

«Les défis de la transition énergétique dans laquelle on est engagés, ce sont autant d’occasions pour le Québec, des occasions de développement, des occasions d’affaires. On doit miser sur nos ressources naturelles», a dit Mme Fréchette, soulignant que le Québec possède des ressources «à profusion». 

Elle a réitéré que le développement de l’autonomie et des pouvoirs du Québec doit se faire au sein du Canada. 

Alors que le Parti québécois (PQ) tient un congrès à Saint-Hyacinthe ce week-end, Mme Fréchette a soutenu que le moment actuel est «la pire des périodes depuis 50 ans pour tenir un référendum». Le PQ s’est engagé à faire un référendum dans un premier mandat. 

«Dans le contexte actuel, tant au niveau nord-américain qu’international, ce serait vraiment imprudent, très irresponsable de se lancer dans cette démarche», a-t-elle ajouté.

Mme Fréchette a aussi fait valoir l’importance des régions, indiquant qu’elle fera une tournée dans l’ensemble du Québec au cours des prochaines semaines. 

«Notre avenir passe par nos régions. Elles font vivre le Québec, a-t-elle soutenu. Un Québec puissant, ce n’est pas seulement Montréal et Québec, c’est l’ensemble de nos territoires.»

Mme Fréchette, qui s’est définie comme étant de «centre droit» dimanche, ne dit pas si son leadership marquera une rupture avec celui de François Legault. 

La ministre a d’ailleurs dit avoir commencé à réfléchir plus sérieusement à se présenter à la direction au début du mois de janvier. Elle a rapporté avoir échangé avec le chef de cabinet de M. Legault, Martin Koskinen, environ une semaine avant sa démission. 

Elle a dit à ce moment à M. Koskinen que des gens l’interpellaient à savoir quelles seraient ses intentions dans le cas où M. Legault quitterait son poste de premier ministre. 

«J’ai voulu aviser M. Koskinen de ce développement. Il m’a dit que c’était pertinent que j’y pense», a raconté Mme Fréchette. 

La candidature de Mme Fréchette s’ajoute à celle de son collègue Bernard Drainville, ministre de l’Environnement, qui a fait valoir samedi son intention de tenter de succéder à M.Legault. 

Mme Fréchette a voulu saluer l’entrée de M. Drainville dans la course, le qualifiant de «passionné» et «d’investi». 

«Je sais qu’il a proposé de signer mon bulletin de candidate, puis je ferai de même. J’irais même plus loin: j’invite l’ensemble des députés qui m’appuient à signer son bulletin à lui également. On est tous les deux engagés dans un mouvement pour lequel c’est l’unité du parti qui doit prévaloir», a-t-elle déclaré. 

M. Drainville a aussi félicité Mme Fréchette dans un message sur les réseaux sociaux.

«Ça promet de bonnes discussions et de beaux débats sur l’avenir de notre parti et du Québec. J’ai hâte d’échanger avec elle», a-t-il écrit. 

Les deux candidats devront se retirer temporairement de leurs fonctions de ministre, en vertu des règles de la course dévoilées jeudi. 

Le fait français en immigration

Ancienne péquiste, Christine Fréchette s’est fait élire pour la première fois en 2022 sous les couleurs de la CAQ dans la circonscription de Sanguinet, en Montérégie. 

Elle occupe tout d’abord le poste de ministre de l’Immigration, d’octobre 2022 à septembre 2024. Dans le cadre de ses fonctions, elle a contribué à l’intégration d’exigences en matière de connaissance du français dans les programmes d’immigration. 

Questionnée dimanche sur l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), Mme Fréchette a fait valoir l’importance du fait français et de prendre en compte la capacité d’accueil de la province en matière d’immigration. 

«Quand la capacité d’accueil est là, je pense qu’il faut faire en sorte que les besoins des PME en régions, particulièrement dans des régions sans croissance démographique, soient pris en considération», a-t-elle déclaré. 

Après le départ de Pierre Fitzgibbon, elle a repris les dossiers du superministre de l’Économie.

Elle a notamment piloté l’importante réforme de l’énergie adoptée sous bâillon en juin dernier.

Une série d’appuis 

Le ministre de la Culture, Mathieu Lacombe, ainsi que le ministre responsable des relations avec les Premières Nations et les Inuit, Ian Lafrenière, ont fait valoir leur appui à Mme Fréchette dans des discours juste avant l’annonce de sa candidature. 

«On a besoin d’une personne avec un profil et des compétences économiques, surtout en ces temps incertains, a dit M. Lacombe. Christine possède cette expérience-là.»

Parmi les autres ministres ayant fait valoir leur soutien à la candidature de Mme Fréchette, on compte Benoit Charette, Kateri Champagne Jourdain et Chantal Rouleau. 

Le ministre Drainville a annoncé sa participation à la course à la chefferie samedi. Il a l’appui du ministre délégué à l’Économie, Samuel Poulin, et des députés Kariane Bourassa, Yannick Gagnon et Isabelle Lecours.

Pour se qualifier dans la course, les candidats devront obtenir la signature de 1000 membres de la CAQ provenant d’au moins 75 circonscriptions, incluant 15 députés et 100 membres de l’aile jeunesse du parti.

Ils devront aussi faire une contribution forfaitaire non remboursable de 30 000 $. Les dépenses électorales sont plafonnées à 150 000 $.

Les personnes intéressées ont jusqu’au 21 février pour déposer leur candidature. Le nouveau chef de la CAQ, et donc le prochain premier ministre, sera choisi le 12 avril.

Le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, a dit vendredi qu’il ne se lancera pas dans la course, tout comme l’ex-ministre des Transports, François Bonnardel. Samedi, le ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Jean-François Simard, a indiqué qu’il renonçait à se porter candidat.

– Avec des informations de Thomas Laberge