Des perspectives d’emploi excellentes en construction jusqu’en 2030 en Mauricie–Centre-du-Québec

Claude Marquis | 25 mai 2026 | 10:38
Image d'illustration par Despositphotos

Les perspectives d’emploi seront excellentes pour les travailleurs de la construction de la grande région de la Mauricie–Centre-du-Québec d’ici 2030. C’est ce que révèle le plus récent rapport de la Commission de la construction du Québec (CCQ) intitulé Perspectives professionnelles dans l’industrie de la construction 2026-2030 et dévoilé lundi.

Selon les données de la CCQ, la région de la Mauricie–Centre-du-Québec connaît, ces dernières années, une forte croissance de son niveau d’activité, soutenue en grande partie par les projets liés à la filière des batteries.

En 2025, environ 13 700 travailleurs résidant dans la région ont été actifs sur les chantiers. Ils ont cumulé plus de 15 millions d’heures travaillées, soit une hausse de 3% par rapport à l’année précédente, dont 78% de ces heures ont été réalisées à l’intérieur même de la région.

Pour la période 2026-2030, la CCQ anticipe, toutefois, une légère baisse de l’activité, mais le niveau devrait demeurer élevé.

Sur cette période, la Commission prévoit, en moyenne, plus de 13 400 travailleurs actifs. Malgré cette baisse prévue des heure travaillées, les perspectives professionnelles sont caractérisées comme étant excellentes pour l’ensemble des métiers de l’industrie. Le vieillissement de la main-d’œuvre et un nombre insuffisant de nouveaux diplômés, combinés à un niveau d’activité soutenu, devraient maintenir une forte demande de travailleurs dans la région.

La CCQ estime qu’environ 900 nouveaux salariés seront nécessaires par année pour combler les besoins pour la période 2026-2030 dans la région.

Au cours des prochaines années, la CCQ prévoit que les perspectives d’emploi seront particulièrement excellentes pour les métiers suivants : briqueteur-maçon, calorifugeur, carreleur, charpentier-menuisier, couvreur, installateur de systèmes de sécurité, ferblantier, mécanicien d’ascenseur, monteur-assembleur, monteur-mécanicien vitrier, opérateur de pelles, opérateur d’équipement lourd, peintre, plâtrier et poseur de revêtements souples.

Activité des salariés dans l’industrie de la construction

Le secteur du génie civil et voirie devrait connaître une croissance modérée entre 2026 et 2030, soutenue par plusieurs projets majeurs d’infrastructures publiques et énergétiques. On peut penser aux travaux menés par Hydro-Québec à La Tuque qui s’échelonneront sur plusieurs années. Les travaux d’élargissement de l’autoroute 55 ainsi que l’aménagement du parc industriel de Bécancour continueront à générer un important volume d’heures de travail jusqu’en 2028 et 2026 respectivement.

À ces projets s’ajoutent ceux amorcés en 2026, dont la réfection du pont de la route 265 au-dessus de la rivière Bécancour et la reconstruction du pont Charles-Bourgeois à Nicolet.

Le secteur industriel devrait connaître un ralentissement après une forte croissance entre 2023 et 2025, soutenue notamment par la filière des batteries et divers projets industriels. La CCQ explique ce recul par la mise en service progressive de grands chantiers et par le report ou la révision de certains projets dans un contexte d’incertitude économique.

C’est notamment le cas de Nemaska Lithium à Bécancour : les travaux, déjà complétés à plus de 70%, devraient temporairement ralentir en 2026 dans le cadre d’une révision menée par Rio Tinto. La poursuite de ce chantier devrait néanmoins continuer de générer des heures.

Malgré cela, plusieurs projets continueront de soutenir l’activité, dont l’agrandissement de l’usine d’Olymel à Trois-Rivières, l’usine d’Énercycle à Saint-Étienne-des-Grès et l’usine de Galvanisation Québec à Drummondville, tous prévus pour une livraison en 2026. Enfin, les projets annoncés de Nouveau Monde Graphite (NMG) à Bécancour ainsi que le Projet Mauricie de TES Canada, qui vise à construire une usine de production d’hydrogène vert à Shawinigan alimentée par un parc éolien, pourraient également contribuer à maintenir un certain niveau d’activité sur la période.

L’activité du secteur institutionnel et commercial devrait afficher une relative stabilité des heures travaillées sur la période 2026-2030. Cette tendance repose sur la poursuite de plusieurs projets, notamment l’agrandissement et le réaménagement de l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska à Victoriaville, le développement commercial « Le Citadin » à Trois-Rivières, ainsi que les travaux liés au Centre national de vérification et de recouvrement (CNRC) à Shawinigan et la construction d’un laboratoire de recherche universitaire à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Ces investissements devraient soutenir l’activité du secteur et contribuer au maintien d’un niveau stable des heures travaillées sur l’ensemble de la période.

Enfin, le secteur résidentiel devrait connaître une hausse de l’activité suivie d’un ralentissement à partir de 2028. Cette évolution est soutenue par les besoins en logement et par plusieurs projets de logements sociaux et abordables, notamment la Résidence Kermaria à Trois-Rivières, les projets de logements pour aînés de Mission Unitaînés à Victoriaville et à Trois-Rivières, ainsi que la construction de logements sociaux par Innov Habitat Victo à Victoriaville.