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Le fédéral promet 10 G$ au Québec pour des projets, notamment en transports
Les sourires sont de mise alors que le premier ministre Mark Carney (centre droit) annonce un octroi de 10 milliards sur 10 ans pour des projets d'infrastructures au Québec en compagnie de son homologue québécoise Christine Fréchette (centre gauche), flanqués, à gauche, du ministre des Transports du Québec, Benoit Charette, et à droite, du ministre de l'infrastructure du Canada, Gregor Robertson, dans un garage du Réseau de transport de l'agglomération de Longueuil, à Longueuil, le mardi 2 juin 2026. (LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi) Le premier ministre Mark Carney est venu livrer, mardi, une valise remplie de milliards de dollars à son homologue québécoise, Christine Fréchette, dans un garage d’autobus de Longueuil.
La somme de 10 milliards $ sur 10 ans livrée par Ottawa, qui sera destinée entièrement à des projets d’infrastructures, était attendue depuis longtemps, le Québec étant la seule province qui ne s’était toujours pas entendue avec Ottawa pour l’obtention de sa part des différents fonds fédéraux.
Québec s’était déjà plaint dans le passé de la lenteur du gouvernement fédéral, à qui il reprochait de vouloir imposer des conditions qui empiétaient sur les champs de compétences provinciaux, une partie de bras de fer qui avait assez duré, a reconnu Mark Carney. «Le déblocage, si je peux dire comme cela, c’est à cause de Mme la première ministre et, si je peux dire, de moi-même. Nous avons des priorités. C’est le moment de bâtir un Québec fort. Il y a des priorités du gouvernement du Québec, il y a des sommes du fédéral et nous avons remis la responsabilité à des ministres capables et des équipes plus capables, même plus capables (que les) ministres, imaginez ça, avec des échéances. C’est le résultat des grands accords, beaucoup d’argent, des priorités claires, des priorités du Québec et c’est le moment maintenant d’agir, de mettre l’argent en action.»
«Plus que sa juste part»
Mark Carney a parlé d’«un nouveau partenariat entre le gouvernement du Canada et le gouvernement du Québec» et il était clair que Christine Fréchette avait obtenu ce qu’elle voulait. «Le Québec obtient sa juste part, obtient même plus que sa juste part dans les investissements fédéraux, dans le respect de nos champs de compétences, a-t-elle dit. Ça, c’était incontournable. On a conclu cinq ententes avec le gouvernement fédéral pour appuyer nos projets d’infrastructure prioritaires et ces priorités, en fait, ce sont celles des Québécois. C’est notre gouvernement qui a choisi les projets les plus porteurs.»
Et la première ministre a été claire: l’argent fédéral viendra financer des projets choisis par Québec qui se trouvent déjà dans le Plan québécois des infrastructures.
Interrogé sur les propos du chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon qui reproche à Ottawa de vouloir acheter le Québec pour contrer l’élection d’un gouvernement souverainiste, Mark Carney a répliqué – en anglais – que ces décisions relèvent des politiques publiques et non de la politique partisane («This is policy, not politics»).
Négociés à la pièce
Ces ententes ciblent les secteurs du transport collectif, de la santé, du logement et de l’enseignement supérieur. La manière dont elles ont été présentées laisse croire que les parties ont négocié les projets à la pièce car, même si Mme Fréchette a précisé que la liste des projets en question sera dévoilée bientôt, plusieurs projets spécifiques ont déjà été mentionnés.
C’est le transport en commun qui s’accapare la part du lion avec un montant de 4,4 milliards $ pour des projets structurants, nommément le tramway de Québec et le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal. À cela s’ajoute une enveloppe de 1,329 milliard $ pour des projets tels que l’agrandissement de garages et de centres d’entretien, l’acquisition d’équipements ainsi que la modernisation de stations de métro, qui en ont sévèrement besoin.
Dans les deux cas, l’argent provient du Fonds pour le transport en commun du Canada (FTCC) et une autre enveloppe de près de 460 millions $ sera tirée, elle, du Fonds pour le transport en commun à zéro émission (FTCZE) afin de soutenir 11 projets d’électrification de transports en commun.
Des fonds pour les hôpitaux
Les deux autres ententes permettront à Québec d’aller piger dans le Fonds pour bâtir des collectivités fortes (FBCF), d’abord pour aller chercher à court terme 1 milliard $ d’ici 2028-2029 pour soutenir «des projets de modernisation, d’agrandissement ou de construction dans plusieurs établissements de santé», dont l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, à Montréal, l’Hôtel-Dieu de Lévis, l’Hôpital de Jonquière, le futur Centre hospitalier universitaire de l’Outaouais, l’Hôpital Charles-Le Moyne à Longueuil et l’Hôpital de Chicoutimi.
Enfin, la dernière entente procure à Québec quelque 2,7 milliards $ provenant là aussi du FBCF pour la rénovation des universités et des cégeps, en plus de financer la construction de logements étudiants.
Lorsqu’on lui a demandé quand l’argent serait disponible, Mark Carney a immédiatement répondu: «C’est disponible à partir de maintenant. Mais cela dit, c’est sur une décennie. (…) Mais il n’y a pas de question de délai de l’accès à l’argent fédéral.»