Des employeurs de la région réclament des délais plus prévisibles pour les travailleurs étrangers temporaires
Le député de Richmond-Arthabaska, Eric Lefebvre, presse Ottawa d'intervenir rapidement concernant le renouvellement de permis de travail de travailleurs étrangers temporaires (TET). (Photo courtoisie) Le député de Richmond-Arthabaska, Eric Lefebvre, presse Ottawa d’intervenir rapidement concernant le renouvellement de permis de travail de travailleurs étrangers temporaires (TET).
Le député était de passage à Victoriaville, vendredi, chez Placages Lignum inc., sur la rue François Bourgeois, en présence de représentants de plusieurs autres entreprises de la région, dont Canlak Coatings, Meubles RD, Ben & Florentine de Victoriaville, La Jambonnière, la Villa St-Georges, McDonald de Victoriaville et autres, Pastel Immigration, restaurant A&W de Saint-Louis-de-Blandord, Les Fromages Latino, Canslit, Idéal Cargo, Exo-s, Victoriaville & Co. et Sixpro.
Ces entreprises locales et régionales, qui emploient des TET, dénoncent des délais importants ainsi qu’un manque d’accompagnement lorsqu’un problème survient dans le dossier de l’un de leurs employés. Pour ces entrepreneurs, les conséquences de ces délais sont importantes ; un travailleur déjà formé peut perdre son droit de travailler, alors que l’employeur peut perdre une personne expérimentée dans laquelle il a investi beaucoup de temps, d’argent et de ressources.
À cela s’ajoutent des dossiers souvent refusés en raison d’une omission ou d’une imprécision administrative. L’employeur doit alors recommencer les démarches, assumer de nouveaux coûts et patienter de nouveau.
En conférence de presse, vendredi, Eric Lefebvre a affirmé avoir déjà écrit à la ministre fédérale de l’Emploi et des Familles, Patty Hajdu, ainsi qu’à la ministre fédérale de l’Immigration, Lena Metlege Diab, afin de dénoncer les délais administratifs et le manque d’accompagnement qui « placent actuellement des employeurs et des travailleurs dans des situations extrêmement difficiles. »
« Nos entrepreneurs créent des emplois, investissent dans nos municipalités et font vivre nos communautés. Ils ne demandent pas de passe-droit. Ils demandent des règles claires, des délais raisonnables et un gouvernement capable de traiter leurs dossiers avec efficacité. Je vais continuer de porter leur voix et celle de leurs travailleurs à Ottawa. Il est temps de remplacer l’incertitude par un système prévisible, responsable et adapté à la réalité de nos régions. »
Eric Lefebvre, député de Richmond-Arthabaska
Le député ne vise pas à réclamer une expansion du Programme des travailleurs étrangers temporaires. Il soutien plutôt qu’une réforme de l’immigration temporaire doit tenir compte des réalités économiques propres aux régions et assurer une transition prévisible aux entreprises.
Il propose d’ailleurs également que le Québec obtienne davantage de pouvoirs en matière de sélection de l’immigration temporaire afin de mieux adapter celle-ci à ses besoins économiques et à sa capacité d’accueil.
Les employeurs de la région témoignent
Le président de Placages Lignum, Louis-Hans Baril, affirme qu’il lui manque toujours une dizaine de travailleurs, malgré ses efforts de recrutement : « Si en plus, on nous enlève nos ressources formées et intégrées, il est tout simplement impossible pour l’entreprise de se développer. »
Le directeur général d’Idéal Cargo, à Victoriaville, Vincent Désilets, déplore, de son côté, le départ d’employés bien intégrés à l’entreprise et craint de devoir se séparer d’autres travailleurs performants.
Du côté d’Isabelle Beauregard, directrice générale chez Meubles RD, elle précise : « Nos travailleurs étrangers temporaires sont des êtres humains et non des numéros. Le fait de retarder le traitement de leur dossier les met dans des situations précaires. Ce qu’ils souhaitent, c’est de travailler et de participer au développement de l’entreprise, comme ils le font depuis plusieurs années. »