Ferme Valayre : l’UPA et la MRC d’Arthabaska dénoncent la lourdeur administrative et des délais qui s’éternisent

Claude Marquis | 16 septembre 2026 | 14:22
Éric Houle, vice-président de la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec, Mathieu Allard, préfet de la MRC d’Arthabaska. (Photo courtoisie)

L’Union des producteurs agricoles (UPA) du Centre-du-Québec et la MRC d’Arthabaska unissent leur voix pour dénoncer, une fois de plus, la lourdeur administrative imposée aux entreprises agricoles par le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP).

L’UPA et la MRC citent en exemple le cas de la Ferme Valayre, à Saint-Valère, qui doit reconstruire son étable, détruite par un incendie en septembre 2025, pour pouvoir poursuivre ses activités.

Cela fait maintenant un an que la famille Hébert se heurte à un processus administratif « complexe » pour obtenir les autorisations nécessaires à la reconstruction de son étable. L’entreprise est privée de revenus depuis l’incendie.

Les délégués réunis à l’assemblée générale annuelle de la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec, qui a eu lieu en octobre 2025, avaient alors adopté une résolution demandant une intervention pour permettre à la Ferme Valayre de reconstruire son bâtiment, mais près d’un an plus tard, le dossier n’est toujours pas réglé.

L’UPA et la MRC d’Arthabaska soulignent également les ramifications complexes de ce dossier. L’étable se trouve dans une zone désignée comme inondable, alors qu’aucune inondation n’y a été recensée depuis plus d’un siècle. La reconstruction demeure néanmoins paralysée dans l’attente de la publication des nouvelles cartes de zones inondables du gouvernement, dont la diffusion était prévue en juillet 2026, et de l’autorisation ministérielle qui suit pour permettre la reconstruction.

La famille Hébert a dû réunir de nombreuses études, faire appel à des experts et investir plusieurs milliers de dollars pour préparer sa demande. Malgré les démarches entreprises auprès des directions régionales du MAPAQ et du MELCCFP afin d’amorcer l’analyse du dossier en attendant les nouvelles cartes, la famille demeure dans l’attente.

Pour le vice-président de la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec, Éric Houle, cette situation ne fait « tout simplement pas de sens. »

« […] La famille Hébert n’est pas un cas isolé : plusieurs autres entreprises agricoles actuellement situées en zone inondable pourraient se retrouver dans la même impasse. Est-ce vraiment ça, soutenir l’autonomie alimentaire, l’économie régionale et la relève agricole au Québec? À un moment donné, il faut que ça cesse. Le prochain gouvernement doit agir au plus vite pour régler le dossier de la Ferme Valayre, mais aussi faire les allègements réglementaires et administratifs nécessaires pour éviter que d’autres entreprises agricoles en périssent. »

Éric Houle, vice-président de la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec

En mai dernier, la MRC d’Arthabaska adoptait une résolution en appui à la reconstruction de la Ferme Valayre. Pour le préfet, Mathieu Allard, ce dossier dépasse aujourd’hui le seul enjeu de la relance de l’exploitation agricole et soulève des questions plus larges sur la lourdeur administrative, la protection des droits acquis et la capacité des institutions à répondre à des circonstances exceptionnelles.

« Le dossier de la Ferme Valayre doit devenir un cas de référence. Lorsqu’une exploitation agricole qui cherche simplement à rebâtir ses installations après un incendie se retrouve coincée pendant des mois dans des démarches administratives, il faut avoir le courage de revoir nos processus et de mettre en place des mécanismes plus simples, plus rapides et plus prévisibles. »

Mathieu Allard, préfet de la MRC d’Arthabaska

La Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec et la MRC d’Arthabaska demandent donc au prochain gouvernement, non seulement d’intervenir rapidement pour permettre à la Ferme Valayre de reconstruire et de reprendre sa production, mais aussi de revoir l’ensemble de ses processus afin qu’ils contribuent à soutenir le développement des entreprises agricoles plutôt qu’à le freiner.