[PHOTOS] « Le communautaire à boutte! » : les organismes régionaux maintiennent la pression

Claude Marquis | 21 octobre 2026 | 14:51
Benoît Prince, Maison de thérapie Victoriaville/Arthabaska et Nancy Ouellet, directrice générale de la Maison des jeunes Trait d'Union de Victoriaville. (Crédit photo Claude Marquis - monvicto.com)

Le mouvement provincial « Le communautaire à boutte! » est toujours bien vivant. D’ailleurs, un rassemblement régional du mouvement a eu lieu au Colisée Desjardins, à Victoriaville, ce mercredi, rassemblant des centaines d’intervenants du milieu communautaire provenant des quatre coins du Centre-du-Québec.

Alors qu’un magnifique soleil d’automne plombait, les intervenants du milieu communautaire régional n’avaient pas le cœur aussi étincelant.

Malgré une ambiance festive, cette énième journée de mobilisation se voulait un nouveau prétexte pour le milieu communautaire de « se faire voir et se faire entendre. »

Leurs revendications restent les mêmes, soit d’offrir de meilleures conditions de travail aux intervenants, d’obtenir un financement suffisant, stable et récurrent pour leur mission, ainsi que de faire reconnaître pleinement le travail et la contribution des organismes communautaires à la société.

Des histoires et des chiffres qui parlent

La mobilisation de mercredi au Colisée Desjardins a donné droit à quelques prises de paroles et des témoignages touchants de gens œuvrant dans le milieu communautaire.

Une histoire particulièrement poignante a été livrée par une intervenante du Centre d’intervention budgétaire et sociale de la Mauricie / Bécancour-Nicolet-Yamaska (CIBES de la Mauricie-BNY). Faute de financement, cette intervenante a vu son poste être aboli. Au moment d’écrire ces lignes, il ne lui restait « qu’une journée et demie » à œuvrer au sein de l’organisme. Visiblement émue, elle a fait un parallèle frappant entre la précarité des gens auprès desquels elle a travaillé… et sa précarité personnelle. Ayant elle-même offert des ressources, c’est elle qui devra maintenant œuvrer à s’en sortir.

D’autres statistiques percutantes du milieu communautaire local ont été dévoilées, démontrant à quel point les travailleurs du milieu ne comptent pas leurs heures et tiennent, trop souvent, à bout de bras, certains organismes.

C’est le cas au Restaurant Populaire de Victoriaville où les cinq employés servent plus de 70 000 repas par année et réalisent pas moins de 4200 interventions individuelles. Ils comptent, ensemble, 9880 heures de bénévolat. Même son de cloche chez Équijustice Arthabaska-Érable où les cinq employés accompagnent plus de 1900 citoyens annuellement dans leurs démarches judiciaires.

La Maison des jeunes Trait d’Union de Victoriaville déplore, de son côté, des difficultés de recrutement qui sont notamment liées au salaire. Selon la directrice générale de la Maison des jeunes, Nancy Ouellet, les salaires accusent un écart de 72% sur ceux du réseau.

Les instances gouvernementales répondent présentes

Présent à ce rassemblement : le nouveau député d’Arthabaska-L’Érable, Tarek Henoud.

Très occupé depuis son élection, Tarek Henoud n’a pas encore pris le temps de s’asseoir avec les différents organismes communautaires de la région, mais assure qu’il souhaite porter leurs revendications à Québec. La directrice générale de la Maison des jeunes Trait d’Union à Victoriaville, Nancy Ouellet, qui est aussi la porte-parole de la cellule locale du mouvement « Le communautaire à boutte! », est pleine d’espoir envers Tarek Henoud qu’elle connaît pour être « très impliqué » dans sa communauté.

Au moment de rédiger ce texte, le gouvernement de Paul St-Pierre Plamondon a annoncé la création d’un ministre responsable de l’Administration gouvernementale et de l’Action communautaire. Il s’agira d’Alain Therrien, député de Sanguinet.