Conseil des ministres de Paul St-Pierre Plamondon: le pouvoir aux plus chevronnés

La Presse Canadienne | 21 octobre 2026 | 16:40
Le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon (centre) a présenté son conseil des ministres le 21 octobre 2026 à Québec. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot

Le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon fait appel à ses députés les plus chevronnés pour combler les postes clés de son gouvernement.

Ainsi, la députée réélue de Terrebonne, Catherine Gentilcore, devient vice-première ministre et cumulera les postes de ministre de l’Immigration, de ministre responsable de l’Accession du Québec à l’Indépendance et de leader parlementaire.

C’est à cette femme forte du gouvernement que reviendra la tâche de négocier avec les partis d’opposition dans un contexte de gouvernement minoritaire.

Ses collègues de Chicoutimi et des Îles-de-la-Madeleine, Marie-Karlynn Laflamme et Joël Arseneau, héritent respectivement de la Santé et de l’Éducation.

Immédiatement après sa nomination, M. Arseneau a reconnu l’existence d’une école «à trois vitesses» au Québec et annoncé qu’il tiendra des états généraux au début de l’année 2027.

Pour sa part, le vétéran Pascal Bérubé — qui a été élu dans Matane-Matapédia une septième fois — hérite du ministère de la Culture, du Patrimoine, des Communications et de la Langue française.

M. St-Pierre Plamondon est devenu ému lorsqu’il l’a présenté comme quelqu’un qui «maintient le cap quand le vent souffle fort… et il soufflait fort au Parti québécois (PQ) il n’y a pas si longtemps», a-t-il rappelé.

C’est l’économiste Nicolas Marceau qui dirigera le ministère des Finances, poste qu’il a déjà occupé sous Pauline Marois entre 2012 et 2014.

Le premier ministre lui a demandé mercredi d’abolir en priorité la TVQ sur les biens usagés et de réduire la taxe sur l’essence.

M. Marceau oeuvrera aux côtés d’Alain Therrien, qui lui se retrouve au Conseil du trésor. M. Therrien a déjà siégé par le passé dans les parlements de Québec et d’Ottawa.

Son ancien collègue dans le gouvernement Marois Nicolas Girard, qui a dirigé des sociétés de transports à Montréal et à Québec, se voit quant à lui confier le poste de ministre des Transports et des Affaires municipales.  

M. Girard sera également responsable de la Capitale-Nationale, où le PQ n’a fait élire aucun député le 5 octobre.

Elsie Lefebvre effectue également un retour en politique. Députée de 2004 à 2007 sous Bernard Landry et André Boisclair, elle devient aujourd’hui ministre de l’Habitation, de l’Enseignement supérieur et de la Condition féminine.

Sa première tâche sera de voir à la construction de nouvelles maisons d’hébergement pour femmes violentées.

Méganne Perry Melançon, de retour au caucus après quatre ans d’absence, devient, elle, ministre de la Famille et de la Jeunesse et, à ce titre, aura notamment comme mandat de compléter le réseau des CPE. 

Des nouveaux venus

D’autres nouveaux venus se taillent une place de choix au conseil des ministres.

C’est le cas de l’ex-président-directeur général de Montréal International, Stéphane Paquet, qui hérite du portefeuille du Développement économique et de l’Énergie.

Guy Jr. Lapointe, auparavant à la Sûreté du Québec, obtient quant à lui le mandat de diriger le ministère de la Sécurité intérieure.

L’avocate Marie-Claude Sarrazin, qui s’est fait connaître comme procureure de la commission Gallant sur le fiasco SAAQclic, devient ministre de la Justice et de la Laïcité.

La députée de Prévost, Anne Nguyen, première femme d’origine vietnamienne élue à l’Assemblée nationale, hérite quant à elle du ministère de l’Intelligence artificielle et du numérique. 

L’ex-maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny, s’en va à l’Agriculture, alors que Jean Pellerin, qui a battu Christine Fréchette dans Trois-Rivières, devient ministre de l’Environnement.

Natalie Bisaillon, ex-cadre chez Desjardins, accède au ministère des Ressources naturelles et des Forêts. Elle devra rapidement présenter une nouvelle réforme du régime forestier.

Pour représenter les régions, M. St-Pierre Plamondon se tourne vers Meggie Richard. L’Abitibien Sébastien D’Astous sera, lui, ministre délégué à l’Efficacité gouvernementale.

Élu dans Rousseau, Mathieu Lebrun est le nouveau ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

Pour sa part, l’économiste et ancien président du PQ, Dieudonné Ella Oyono, se voit confier le ministère des Relations internationales.

Camille Pellerin-Forget sera la ministre responsable des Institutions démocratiques et ministre déléguée à la Santé mentale et aux Services sociaux.

À la demande expresse du premier ministre, Mme Pellerin-Forget se verra piloter la réforme du mode de scrutin. Elle devra tenir des consultations «le plus rapidement possible». 

Enfin, Simon-Pierre Savard-Tremblay, de descendance wendate, devient le responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit.

Conseil des ministres réduit

Il s’agit d’un conseil des ministres réduit, qui ne compte que 23 membres, soit six de moins que sous le précédent gouvernement de la Coalition avenir Québec.

L’équipe, composée de 9 femmes et de 14 hommes, frôle la zone de parité.

M. St-Pierre Plamondon avait annoncé en campagne électorale son intention de présenter un petit cabinet, surtout par souci de cohérence.

Son parti compte réduire la taille de l’État et faire le ménage dans les finances publiques. Il gèlera même les salaires des députés, des ministres et des principaux dirigeants des sociétés d’État jusqu’à l’atteinte de l’équilibre budgétaire prévue en 2028-2029.

Mercredi, le premier ministre — qui s’est attribué le dossier de la lutte à l’itinérance — a annoncé qu’il débloquerait dès maintenant des fonds d’urgence.