Effets spéciaux | Un art encore peu compris du public

Courtoisie de Rodeo FX

Pour le Princevillois Sébastien Moreau qui est président de Rodeo FX, une importante compagnie d’effets visuels qui travaillent avec les plus grands d’Hollywood, la reconnaissance du public tarde encore à arriver.

« Ce qu’on fait est assez complexe et la majorité du public ne comprend pas notre travail, car il y a plusieurs étapes et spécialités dans notre domaine », a expliqué sans malice celui qui est dans ce milieu depuis un peu plus de 20 ans et dont les quartiers principaux sont basés à Montréal.

Pour prouver son point, il a rappelé que les noms de ceux qui ont contribué aux effets spéciaux d’un film n’apparaissent toujours qu’à la fin du générique.

Le quinquagénaire est bien conscient que très peu, pour ne pas dire personne, prend le temps de lire tous les noms qui défilent à l’écran.

En revanche, comme il le dit lui-même, « ça permet de prouver qu’on a  travaillé sur ce film et ça aide à trouver le prochain projet ». 

Parfois subtile. Parfois non

S’il y a des effets visuels qui ne sont pas perceptibles aux yeux du public, d’autres, au contraire, représentent l’essentiel du film. 

D’ailleurs, Sébastien Moreau a constaté que les budgets pour les films ont littéralement explosé depuis quelques années.

« Autrefois on pouvait consacrer 10 % du budget aux effets visuels alors qu’aujourd’hui ça peut aller jusqu’à 70 % », estime-t-il. 

Quant est-il pour réaliser des effets spéciaux sur une scène d’à peine quelques secondes alors qu’ils sont parfois une centaine à y travailler ?

Il a répondu qu’il n’avait pas de chiffres avec lui, mais que ça pouvait ressembler à la construction d’une maison. C’est-à-dire que certaines valent quelques centaines de milliers de dollars et d’autres, quelques millions. 

« On met l’accent sur le haut de gamme et c’est souvent très cher », a-t-il précisé sans donner plus de détails.

La 52e version qui sera approuvée

Le président de Rodeo FX a expliqué que pour créer une scène avec des effets spéciaux, sa compagnie reçoit la commande de son client. 

Certains seront minutieux dans leurs explications de ce qu’ils veulent voir à l’écran alors que d’autres, pas vraiment. 

Le Princevillois se souvient d’une scène de la populaire série Game of Thrones sur laquelle son équipe a travaillé.

« Tout ce qu’on avait reçu comme information c’était que les dragons allaient détruire des bateaux et faisaient bouillir l’océan. C’est tout », se souvient-il.  

« Parfois, ça peut être notre troisième version qui est approuvée par notre client et d’autres fois, la 52e », ajoute-t-il.

Top secret

C’est bien connu, les studios d’Hollywood ne veulent pas qu’il y ait des fuites de leurs films à venir sur la Toile. Par conséquent, les Disney, Warner Bros, Paramout Pictures et autres scrutent à la loupe les compagnies avec lesquelles ils travaillent. 

« Il y a des secrets de confidentialité très, très importants avec les studios et chaque année on se fait vérifier par eux pour s’assurer des mesures de sécurité », énumère-t-il.

Les studios vont aussi vérifier que les mesures de sécurité sont belles et bien en place sur l’aspect technologique des différentes compagnies.

« Pour travailler pour eux, il faut passer ces évaluations », ajoute-t-il en indiquant que cette façon de procéder a toujours été ainsi. 

D’ailleurs, Hollywood ne rigole pas avec la propriété intellectuelle alors qu’un Américain s’est déjà retrouvé derrière les barreaux pour avoir diffusé sur Internet Star Wars : Episode III avant sa sortie en 2005…

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Sébastien Moreau – Crédit photo : Alex Drouin – Monvicto.com