Elle rencontre son correspondant africain 40 ans après l’avoir perdu de vue

Une femme de Saint-Louis-de-Blandford a récemment rencontré son correspondant africain du primaire des années 1980, dont elle avait perdu contact pendant près de 40 ans.

Annie Vézina avait 13 ans lorsqu’elle a commencé à correspondre avec Dinesh Jaypal, qui se trouvait à l’île Maurice,  à 14 500 km d’elle.

À cette époque, dans les 1970, il n’était pas rare que des élèves aient des correspondants dans une autre école d’un pays éloigné. 

Une lettre pouvait parfois prendre deux mois avant de se rendre à destination.

Celui qui a aujourd’hui 58 ans se souvient que ça lui en coûtait 3 $ pour envoyer une lettre au Canada. Lui qui gagnait 25 cents par jour à cette époque. 

« On se parlait de notre vie quotidienne et c’est d’ailleurs elle qui m’a fait découvrir la Saint-Valentin, car c’était une fête qu’on ne célébrait pas dans mon pays », se souvient-il. 

Pendant quelques années, ils se sont envoyé des lettres régulièrement, mais les aléas de la vie ont fait en sorte qu’ils ont cessé de s’écrire. 

Il la retrouve 

Au cours des années qui ont suivi, le Mauricien demandait toujours à un tourisme canadien qu’il croisait sur sa route s’il connaissait une Annie Vézina ou la ville natale de celle-ci, mais en vain.

En 2005, Dinesh Jaypal est venu s’installer au Canada. 

Quatorze ans après son arrivée au pays, à Winnipeg, il a croisé sur sa route une femme qui connaissait la native de Saint-Louis-de-Blandford.

Celle-ci a aidé M. Jaypal à entrer en contact avec son amie d’enfance à la fin de l’année 2019.

Mme Vézina se souvient d’avoir été surprise lorsqu’au bout du fil, c’était son ami Dinesh.

« Je n’arrivais pas à y croire ! », se remémore la femme de 56 ans qui n’avait pas eu de nouvelles de son ami depuis 30 ans.

Ils devaient se rencontrer au cours des mois qui ont suivi, mais la pandémie est venue contrecarrer leur plan. 

Enfin ils se rencontrent 

Continuant d’être toujours en contact depuis ce coup de téléphone, Annie Vézina a mentionné à son ami qu’elle passerait quelques jours à Cuba à la mi-mai.

Voulant faire plaisir à son époux,  la femme de M. Jaypal, Devi, a tout organisé pour que ce dernier se rendre là-bas pour rencontrer son amie d’enfance.

Ils se sont finalement rencontrés le 12 mai.

« Lorsqu’on s’est vu, on s’est sauté dans nos bras », a raconté avec émotions celle qui est propriétaire de la Cantine la patate à Patou.  

« L’émotion était trop forte et j’ai versé des larmes », a ajouté son correspondant du primaire. 

Ils ont profité de ce voyage pour renfoncer leur amitié.

« On serait resté là-bas encore une semaine de plus », a conclu la Centricoise.