Elle vend sa voiture de location à une famille immigrante pour 12 000 $ et disparaît dans la nature

Une femme de Victoriaville aurait profité de la naïveté d’une famille immigrante en leur vendant pour 12 000 $ sa voiture de location pour ensuite disparaitre dans la nature. 

Thomas Sehi, de Lion, en France, est arrivé au Québec le 24 septembre 2021 avec sa femme et son adolescente pour travailler comme machiniste. 

Une fois bien installé dans sa nouvelle ville, Victoriaville, le père a décidé qu’il était temps d’acheter une voiture pour que sa petite famille puisse profiter de son premier été en sol québécois. 

Le 1er mai, il a aperçu une Hyundai Genesis de l’année 2013 sur Marketplace en vente pour 12 000 $.

Le jour même, il a communiqué avec celle qui vendait ce véhicule : Lisa Marie Audette qui habitait Victoriaville.

Quelques heures plus tard, M. Sehi et Mme Audette se rencontraient chez elle afin qu’il lui remette un montant de 1 000 $ pour lui garantir l’achat de la voiture. 

Le lendemain, il lui a donné 2 000 $ et sont allés ensemble à la Caisse Desjardins afin qu’il lui verse le reste de la somme à payer, soit 9 000 $.

« Je voulais lui faire un virement, mais elle a refusé en me demandant avec insistance un chèque certifié », raconte l’homme de 52 ans, qui a finalement acquiescé à la demande de celle qui lui vendait sa voiture.

Puis, ils sont dirigés à la Banque Nationale pour qu’elle encaisse ledit chèque.

Il a finalement pris possession du véhicule quelques minutes plus tard.

Petit problème à la SAAQ

« Elle m’a dit qu’elle ne pouvait pas venir avec moi à la SAAQ [pour officialiser le transfert], car elle devait partir travailler, relate M. Sehi. Elle a ajouté que s’il y avait un problème, je n’avais qu’à l’appeler. »

Lorsque le Niçois s’est présenté à la  SAAQ, le préposé au comptoir lui a signifié qu’il devait être accompagné de la propriétaire du véhicule pour effectuer le changement de propriétaire.

M. Sehi a donc tenté de joindre Mme Audette à plusieurs reprises, mais celle-ci ne lui répondait plus.

De retour chez lui, bredouille, il a fait quelques recherches sur Internet et il a découvert le Registre des droits personnels et réels mobiliers. Avec ce site, il a pu obtenir des renseignements sur le véhicule qu’il venait d’acquérir. 

Il a finalement réalisé qu’il venait d’acheter une auto qui était la propriété de Paul Motor, une compagnie de location située à Verdun, et non de Lisa Marie Audette.

« Dans mon pays, on me disait à quel point les Québécois étaient des gens honnêtes alors je ne me suis pas méfié. Je savais où elle habitait et je me disais qu’elle n’oserait quand même pas me voler », dit avec regret le quinquagénaire. 

Du côté de Paul Motor qui a finalement repris le véhicule, un des membres de la direction a mentionné à l’auteur de ces lignes que Mme Audette avait payé près de 6 000 $ de la voiture de location et qu’il lui restait encore autant à payer. 

Ce qu’elle n’avait toujours pas fait en date du 4 août.

Le contrat de Mme Audette a débuté en octobre 2020 et se terminait en septembre 2023.

Elle disparaît dans la nature

Pendant les jours qui ont suivi, Thomas Sehi a tenté de joindre Lisa Marie Audette par téléphone, mais elle n’a jamais daigné lui répondre.

Il a aussi essayé de passer par les réseaux sociaux, mais en vain.

Arsenal Media a aussi tenté de la joindre à quelques reprises, sans succès. 

Le 6 mai, M. Sehi lui a envoyé une mise en demeure qui est restée sans réponse.

Le 31 mai, une demande introductive a été ouverte au palais de justice de Victoriaville. 

Cette demande a été envoyée à l’adresse de Mme Gaudette sans jamais être réclamée. 

Lorsqu’un huissier s’est présenté à sa porte, l’homme qui lui a ouvert lui a fait savoir que Mme Audette était partie vivre en Ontario.

« J’ai eu une confiance trop aveugle dans cette histoire », avoue, penaud, celui qui est venu s’installer au Québec.

Certes, il est déçu d’avoir perdu 12 000 $, mais également que sa famille ne puisse toujours pas se déplacer où elle le veut.

« On ne peut pas sortir et on est bloqué à la maison », soupire-t-il.

Recommandations de la SAAQ

Avant d’acheter un véhicule, la SAAQ recommande de vérifier le dossier de la voiture.

Elle mentionne aussi que lors de la vente, l’acheteur et le vendeur doivent se présenter à un point de service de la SAAQ pour la faire immatriculer au nom de l’acheteur.

Au moment de l’immatriculation, ils doivent présenter leur permis de conduire ou un autre document officiel avec photo. L’acheteur doit aussi préciser le kilométrage du véhicule.