Hôtel-Dieu d’Arthabaska : des infirmières doutent parfois de la qualité des soins administrés

Trois infirmières et un infirmier de Victoriaville, qui n’ont pas voulu être identifiés par peur des représailles, doutent parfois de la qualité des soins qui sont administrés à l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska et dans les CLSC de la région depuis le début de la pandémie. 

« Pas tout le temps », a répondu une infirmière de l’hôpital lorsque MonVicto lui a demandé si les soins étaient  administrés de façon sécuritaire.

Cette dernière, qui travaille depuis un peu plus de 15 ans dans ce domaine, reconnaît que les infirmières sont moins vigilantes à l’égard des patients étant donné qu’elles sont submergées de travail.

« Ça se peut que mes notes concernant un patient soient négligées, car je suis trop fatiguée », ajoute-t-elle en expliquant que le suivi d’un patient peut parfois être cahoteux avec ses collègues ainsi qu’avec les médecins. 

« On doit faire beaucoup de délestage et je ne donne que 80 % de moi-même. Parfois, 75 %, étant donné  que je suis épuisée », corrobore une infirmière travaillant dans un CLSC de la ville qui cumule un peu plus de huit  années de service. 

Trop d’exemples inquiétants

Un infirmier de l’hôpital y travaillant depuis moins de 10 ans se souvient  d’une situation qui l’attriste encore.

Une femme de 41 ans venait d’apprendre qu’elle avait le cancer.

« Elle était sous le choc et elle pleurait. Je n’ai pas eu le temps de vérifier si elle avait besoin d’un travailleur social ou de personnes-ressources pour l’aider. Pourtant, c’était ma job de le faire », dit-il avec remords. 

« Il fallait plutôt que je m’occupe des patients qui étaient jugés plus ‘‘graves ’’ », ajoute-t-il.

Celle qui compte un peu plus de 15 années d’expérience a aussi constaté qu’il pouvait arriver qu’un patient qui venait de se faire opérer soit renvoyé chez lui sans la documentation nécessaire pour sa guérison.

« On le réalise seulement lorsque les dépliants sont restés sur notre bureau », dit-elle, penaude. 

À ces exemples, on peut ajouter les patients qui ont des plaies de lit, dont les infirmières craignent qu’une infection se propage dans leur corps s’ils ont une coupure sur eux et qu’ils ne sont pas déplacés régulièrement. 

Il faut ajouter les personnes âgées qui ne se font pas poser toutes les questions nécessaires à leur santé, car l’infirmière manque de temps pour discuter avec celles-ci afin de bien connaître leur état.

« Le côté humaine de notre métier est oublié et c’est la production qui compte », déplore celle qui totalise un peu moins de deux décennies dans le domaine.

Le CIUSSS MCQ commente la situation

Par courriel, la direction du CIUSSS MCQ a fait savoir qu’elle travaillait « activement sur tous les fronts pour diminuer la pression sur les équipes (pour) améliorer la situation  et assurer des soins et services de qualité et sécuritaires, tout en maintenant l’accessibilité aux services, et ce malgré le contexte de pandémie et de pénurie de main-d’oeuvre ».