Hôtel-Dieu d’Arthabaska : une unité sème l’inquiétude pour les soins administrés aux patients

Cinq infirmières de l’unité de médecine qui se trouvent à l’unité de débordement pour la COVID-19 de l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska s’inquiètent des soins qui sont administrés aux patients pendant les quarts de nuit des fins de semaine, jugeant qu’elles ne sont pas assez sur le plancher pour bien s’occuper d’eux.

« Ce n’est pas sécuritaire pour les patients ! » peste une infirmière qui a un peu plus de 15 ans d’expérience dans le domaine.

Une autre infirmière interrogée abonde dans le même sens.

« C’est un coup de dés chaque nuit et on ne sait jamais ce qui nous pend au bout du nez. Et ce n’est pas vrai que les patients dorment la nuit. Ils ne choisissent pas quand leur état va se dégrader », ajoute une collègue. 

« On veut démontrer publiquement que l’employeur met à risque les patients et le personnel », pointe du doigt une autre infirmière.

Celles qui ont été interrogées ont souhaité garder l’anonymat, par peur des représailles. 

Ces infirmières se trouvaient sur un autre étage, mais elles ont été transférées à celui de débordement en début avril en raison des travaux de réaménagement.

Quatorze lits se trouvent à l’étage d’unité de débordement.

Cette façon de procéder devrait se poursuivre jusqu’à la fin de juillet, soit la fin des travaux

Pas assez

« Idéalement, il devrait y avoir deux infirmières pendant la nuit, mais actuellement il n’y en a qu’une seule », souligne la représente syndicale par intérim de la FIQ-MCQ, Patricia Mailhot.

Une infirmière auxiliaire ainsi qu’une préposée aux bénéficiaires accompagnent l’infirmière de soir, mais selon les cinq infirmières interrogées, ce n’est pas suffisant.

« Seules les infirmières peuvent évaluer des patients et elles craignent qu’elles ne puissent bien s’occuper d’un patient si un autre requiert des soins en même temps », explique Mme Mailhot.

Jusqu’ici, la  solution proposée par leurs gestionnaires est de demander de l’aide d’une unité voisine en cas de besoin, une solution qui perdure depuis la deuxième fin de semaine d’avril déjà.

« Ça l’arrive régulièrement que l’on soit sollicité en même temps  et c’est  très préoccupant pour la sécurité des patients », déplore une infirmière qui totalise près de deux décennies d’expérience. 

Solutions faciles

Les infirmières interrogées trouvent déplorable que les gestionnaires se tournent trop souvent vers le temps supplémentaire et le temps supplémentaire obligatoire comme solution.

« Les gestionnaires s’arrangent pour modifier nos structures sans vraiment chercher de solutions à long terme », s’indigne l’une des infirmières.

« On est vraiment pas impressionné par leurs décisions qui vont à  l’encontre de la base de notre métier », ajoute-t-elle. 

Le CIUSSS MCQ se veut rassurant

Informée de la situation, la direction du CIUSSS MCQ a fait savoir par courriel « qu’autant la structure de base que la structure de contingence permettent aux équipes d’assurer des soins et services de qualité et sécuritaires auprès des usagers ».

La direction ajoute également avoir « procédé à l’analyse d’unités similaires en termes de nombre d’usagers et de types de clientèles. Les structures retenues ont été testées dans d’autres unités et permettent du personnel en nombre suffisant pour assurer une qualité de soins et la sécurité des usagers ».