Il a survécu au 11 septembre grâce à des timbres

C’est grâce à des timbres achetés par un groupe de touristes français, dont il devait assurer la visite guidée à New York qu’un ancien Victoriavillois ne s’est pas retrouvé près des deux tours jumelles le matin du 11 septembre 2001. 

André Pelchat avait l’habitude de faire visiter la Grosse Pomme à des touristes qui voulaient vivre toute l’effervescence de cette ville qui ne dort jamais. 

Après tout, depuis 1989 qu’il était guide accompagnateur. 

En cette fin d’été 2001, il est arrivé à New York le 10 septembre pour faire découvrir la ville à une quarantaine de cousins français. 

L’horaire du lendemain était simple. Visite du World Trade Center dans la matinée. Repas dans le Chinatown sur l’heure du midi. Et découverte de la statue de la Liberté en après-midi. 

Il n’était pas encore 8 h que le groupe avait déjà pris du retard sur l’horaire de la journée. Les Français voulaient  acheter ce qu’il faut pour  envoyer des cartes postales.

« Une quarantaine de personnes qui achètent des timbres, c’est long! », soupire l’homme aujourd’hui âgé de 63 ans et qui demeure à L’Avenir. 

Se trouvant sur la 8e Avenue, à quelques kilomètres du World Trade Center, M. Pelchat n’a jamais entendu l’impact du premier avion qui a percuté la première tour à 8 h 46. 

« J’ai vu une colonne de fumée dans les airs, mais personne ne savait ce qui se passait », mentionne-t-il. 

Il se souvient que c’était plutôt calme dans les rues et que plusieurs  personnes s’étaient amassées près des fenêtres des restaurants pour voir ce qui se passait sur les télévisions de ces établissements.

« Ce n’était vraiment pas le chaos dans les rues », précise-t-il. 

À 9 h 03, lorsque le deuxième avion a frappé la seconde tour, André Pelchat se trouvait toujours dans l’autobus qui devait les amener, son groupe de français et lui, voir les deux tours.

« Je crois que j’ai entendu le choc de l’impact, mais je ne suis pas certain. À New York, de toute façon, il y a toujours du bruit », dit-il banalement. 

Il ne l’annonce pas au groupe

Le sexagénaire se souvient qu’il a demandé au chauffeur d’autobus d’allumer la radio pour tenter d’avoir plus d’informations.

« Je voyais de plus en plus de fumée au-dessus de la ville. C’était très intense. »

Puisque son groupe ne comprenait pas bien la langue de Shakespeare, il a donc pris la décision de traduire ce qu’il entendait à la radio.

« Lorsque l’animateur a annoncé que les tours s’étaient effondrées, ça m’a frappé », se remémore-t-il avec émotions. 

Malgré l’effondrement d’un des emblèmes des États-Unis, il a gardé son calme. Un calme olympien.

« Je n’ai pas traduit cette information au groupe parce que je devais m’assurer que personne ne panique dans l’autobus », dit-il pour expliquer son mutisme face au plus meurtrier des attentats de nos voisins du Sud qui a coûté la vie de 2977 personnes. 

L’historien savait trop bien que son groupe allait avoir vent de cette nouvelle dès son arrivée à l’hôtel qui se trouvait au New Jersey.

Un hôtel qu’ils ont finalement pu rejoindre huit heures plus tard, coincés dans les embouteillages de cette journée dont ils se souviendront à jamais. 

C’est d’ailleurs grâce à l’achat anodin de timbres qu’ils sont tous encore en vie pour raconter comment ils ont vécu le 11 septembre 2001.

« S’ils n’avaient pas acheté des timbres, je ne serais pas ici pour en parler aujourd’hui », conclut André Pelchat.