Journée de commémoration : 14 vies perdues au travail dans la grande région de la Mauricie-Centre-du-Québec
Image d'illustration par Despositphotos En 2025, six personnes ont perdu la vie lors d’un accident de travail et huit autres sont décédées des suites d’une maladie professionnelle dans la grande région de la Mauricie-Centre-du-Québec. En cette Journée internationale de commémoration des travailleuses et des travailleurs décédés ou blessés au travail, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) invite la population à se souvenir des travailleuses et des travailleurs blessés, malades ou décédés du fait de leur travail.
Malgré ces décès déplorables, les chiffres de 2025 restent très stables par rapport à ceux de 2024 : un seul décès supplémentaire a été recensé en 2025 par rapport à l’année précédente.
Toujours selon les données de la CNESST, en 2025, dans la région de la Mauricie-Centre-du-Québec, 6301 personnes ont subi une lésion en raison d’un accident du travail et 918 ont développé une maladie professionnelle. Au total, 7219 lésions professionnelles ont été recensées, ce qui représente une diminution comparativement à 2024.
Le vice-président du Conseil central du Coeur du Québec – CSN, Guy Croteau, soutient que « ces quatorze personnes n’auraient [jamais] dû mourir en travaillant pour gagner leur vie. » Il rappelle que les efforts doivent se poursuivre pour changer « cette triste réalité. »
M. Croteau pointe du doigt les diverses tentatives du gouvernement de la CAQ qui, selon lui, visent à miner les mécanismes en santé et sécurité du travail (SST). Il rappelle que le gouvernement a changé les règles du jeu en adoptant la Loi 28, Loi visant l’amélioration de certaines lois du travail. Selon M. Croteau, cette loi vient « amputer les mécanismes en SST de fonctions vitales et prévoit également qu’ils ne seront que partiellement mis en place dans le réseau public de la santé, des services sociaux et de l’éducation. »
« Qui est l’employeur dans le réseau public ? Le gouvernement. Et il décide de jouer avec la santé et la sécurité au travail de ses salarié-es. C’est aberrant. D’ailleurs, la CSN conteste certains articles de cette loi devant les tribunaux. »
Guy Croteau, vice-président du Conseil central du Coeur du Québec – CSN
Le gouvernement a également déposé, le projet de loi 27, qui veut « imposer des reculs dans le secteur de la construction », selon M. Croteau.
« La construction, c’est le secteur le plus dangereux au Québec! 77 % des accidents de travail ayant causé la mort en 2025 ont eu lieu sur un chantier de construction. Malgré ça, le gouvernement veut absolument affaiblir les protections dans ce secteur et diminuer grandement la présence des représentantes et représentants en santé et sécurité du travail sur les chantiers. »
Guy Croteau, vice-président du Conseil central du Coeur du Québec – CSN
Bilan national
À l’échelle provinciale, 91 personnes ont perdu la vie lors d’un accident du travail, un bilan à la hausse comparativement à 2024, alors que 17 décès supplémentaires ont été enregistrés. Le nombre de décès liés à une maladie professionnelle s’élève, quant à lui, à 166, une baisse de 3% par rapport à l’année précédente.
Les principales causes des 91 décès par accident, en 2025, sont les accidents de transport, les chutes, les contacts avec des objets ou de l’équipement et les expositions à des substances ou à des environnements nocifs. Ensemble, ces quatre causes cumulent 82% des décès. Avec une hausse de neuf décès en 2025, les accidents de transport représentent 40% des décès reliés à un accident du travail. La CNESST souligne que ce sont des accidents pour lesquels « elle peut difficilement agir ou n’est pas le principal acteur en ce qui a trait à la prévention. »
Les décès dus à des maladies professionnelles sont, quant à eux, largement causés par l’exposition à l’amiante, ainsi que le feu, les flammes, la fumée et les gaz d’incendie et la silice.
Selon les chiffres de la CNESST, 11 053 personnes ont développé une maladie professionnelle et 92 875 ont été victimes d’un accident du travail au Québec. Ensemble, elles représentent 103 928 lésions professionnelles, soit une réduction de l’ordre de 3% par rapport à 2024.