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Nemaska : Fréchette refuse de dire si elle connaissait l’avis défavorable du MRNF
La première ministre du Québec, Christine Fréchette, répond à l'opposition lors de la période de questions à l'Assemblée nationale du Québec, le mercredi 13 mai 2026. (LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot) La première ministre Christine Fréchette a refusé de dire, mercredi, si elle savait que le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) avait émis un avis défavorable à un investissement du gouvernement dans le projet Nemaska Lithium de Rio Tinto.
Elle a été talonnée par l’opposition officielle, alors que le projet d’usine à Bécancour et de mine, d’une valeur 4 milliards $, est mis sur pause par la multinationale.
Mardi soir, la Caisse de dépôt et placement du Québec avait fait savoir qu’elle avait refusé quant à elle d’investir dans ce projet.
Du temps où elle était ministre de l’Économie, Mme Fréchette avait autorisé elle-même des tranches de financement de 400 millions $ et de 275 millions $.
Mais dans un rapport déposé la semaine dernière, la commissaire au développement durable notait que le ministère des Ressources naturelles avait soulevé des «risques importants susceptibles d’avoir des impacts considérables».
«Au moment où elle a signé 400 millions $ des contribuables pour Nemaska Lithium, est-ce qu’elle savait que le ministère des Ressources naturelles était contre?» a demandé le chef parlementaire libéral, André Fortin, à la période de questions, sans pouvoir obtenir de réponse.
Le Parti libéral a déposé une motion demandant à ce que toutes les communications entre le MRNF et le ministère de l’Économie ainsi que les avis émis soient rendus publics, mais le gouvernement a refusé d’en débattre.
Le ministre de l’Économie, Bernard Drainville, a pour sa part argué que le gouvernement avait intégré les conditions et réserves du MRNF avant d’accepter.
«Nemaska a opté pour un procédé conventionnel plutôt qu’un nouveau procédé pour traiter les minéraux, ça faisait partie des mises en garde qui avaient été émises par le MRNF qui ont été prises en compte», a-t-il expliqué.
Et parmi les autres exigences du MRNF, «l’expertise des personnes qui avaient déjà exploité une usine comme celle-là, (également) les tests ciblés qui ont été faits pour éviter des problèmes au moment de la mise en production, alors les avis ont été pris en compte, les ajustements ont été apportés, le risque a été géré».
De son côté, le ministre des Finances, Eric Girard, a assuré que l’investissement du gouvernement dans ce projet a gardé sa valeur de 1,1 milliard $.
La veille, il avait indiqué qu’il n’était pas au courant de l’avis défavorable du ministère des Ressources naturelles, mais qu’il s’était référé à une synthèse pour autoriser l’investissement, sur la base d’une recommandation favorable de son propre ministère.