Élection partielle dans Arthabaska : des dépenses de Duhaime remises en question par le PQ

Claude Marquis | 15 mai 2026 | 13:18
Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime. (Crédit photo Claude Marquis - monvicto.com)

Avec des informations de La Presse Canadienne

Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ) et ex-candidat aux élections partielles dans Arthabaska en août 2025, Éric Duhaime, est pointé du doigt par le Parti Québécois (PQ) qui avance qu’il aurait dépassé, et de beaucoup, le plafond de dépenses permises dans le cadre de la partielle dans la circonscription.

Selon des informations rapportées par le Journal de Québec vendredi matin, les calculs du PQ démontreraient que les dépenses électorales d’Éric Duhaime se situent entre 155 932$ et 237 245$, alors qu’il aurait déclaré un montant inférieur : 108 500$, soit 4200$ sous la limite autorisée de 112 700$.

Le PQ reproche à Éric Duhaime d’avoir déclaré des dépenses électorales inférieures à leur valeur, dont des biographies de lui, un logement et des napperons publicitaires tous payés en deçà du prix courant, des services non facturés ou escomptés, des factures de production vidéo, de bannière et d’appels automatisés partiellement comptabilisées et des omissions de salaires.

Le PQ a déposé une plainte auprès d’Élections Québec. Si les faits s’avèrent véridiques, Éric Duhaime s’expose à de lourdes conséquences, dont la perte de son droit de vote et d’être candidat à une élection pour une période de cinq ans.

Réactions

En mêlée de presse à Québec vendredi, le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, est revenu sur les informations partagées avec Le Journal de Québec.

M. St-Pierre Plamondon a confirmé que son parti avait déposé une plainte auprès d’Élections Québec.

«La règle, c’est que chaque parti fait campagne avec le même budget. S’il y a un parti qui ne déclare pas tout, et qui dépense plus que ce qui est permis, (…) notre système électoral ne fonctionnera pas», a-t-il déclaré.

De son côté, M. Duhaime affirme n’avoir rien à se reprocher. Il a accusé M. St-Pierre Plamondon en mêlée de presse vendredi de mener une «campagne de salissage».

«Il veut descendre dans les égouts puis faire de la politique de cette nature-là? Je trouve ça extraordinairement décevant de Paul St-Pierre Plamondon», a-t-il déclaré.

«Je trouve que ce n’est pas à la hauteur de la fonction d’un gars qui aspire à être premier ministre», a-t-il ajouté.  

M. Duhaime se défend en affirmant avoir sollicité l’avis du Directeur général des élections (DGE) avant de faire l’achat de livres, en l’occurrence sa propre biographie «Envers et pour tous». «On l’a fait en suivant les normes du DGE», assure-t-il.

Puis, il explique ne pas avoir payé le plein prix d’un loyer affiché sur Airbnb, parce qu’«on n’a pas loué l’entièreté de l’immeuble (…) et la personne qui le louait a même continué d’habiter dans le logement».

«Donc, le coût n’était pas le même. Ça explique l’écart des coûts», dit-il. 

Rappelons que le 11 août dernier, c’est le candidat péquiste Alex Boissonneault qui a remporté l’élection partielle dans Arthabaska après une rude campagne contre son plus proche adversaire Éric Duhaime.

Ce dernier n’avait ménagé aucun effort, menant une campagne active sur le terrain, dans l’espoir de ravir la circonscription à la Coalition avenir Québec et de faire son entrée à l’Assemblée nationale.

«Si les faits sont avérés, effectivement, c’est problématique, mais on va attendre de voir ce que l’enquête va dire», a réagi vendredi le chef libéral Charles Milliard.

La cheffe parlementaire de Québec solidaire, Ruba Ghazal, a également affirmé avoir pris connaissance de la plainte du PQ contre le PCQ.

«Si c’est vrai, je trouve ça extrêmement, extrêmement préoccupant. M. Duhaime doit faire preuve de la plus grande transparence. Il en va de la confiance de la population envers la classe politique», a-t-elle averti.

De passage à Drummondville, la première ministre Christine Fréchette est restée prudente: «Je vais laisser le DGE faire le point, le constat de la situation. Je n’ai pas davantage de commentaires.»