Guerre commerciale : les entreprises veulent des subventions, pas davantage de dettes

Claude Marquis | 14 septembre 2026 | 11:19
Le conseil d'administration de Destination Entreprise : Annie Turcotte, Charles-Olivier Dumont, Joël Hinse, Vincent Bourassa, Harold Poisson, Yannick Fréchette et Pierre-Antoine Auger. (Crédit photo Catherine Martel, photographe)

Les entreprises coincées dans le filet de cette guerre commerciale avec les États-Unis ne veulent pas s’endetter davantage avec des aides financières à rembourser. Le vice-président exécutif et chef des opérations chez Victoriaville & Co, Charles-Olivier Dumont, est plutôt d’avis que des « subventions avec conditions seraient plus utiles » pour les entrepreneurs touchés par les tarifs et contre-tarifs douaniers.

M. Dumont, qui siège également au conseil d’administration de Destination Entreprise, est aux premiers rangs des effets de cette guerre commerciale sur les entreprises de la région, et la sienne aussi.

Il est d’avis que le fardeau financier déjà fragilisé des entrepreneurs touchés par les effets des tarifs et des contre-tarifs ne devrait pas s’alourdir avec des aides gouvernementales remboursables.

« Ce ne sont pas des prêts dont les entrepreneurs ont besoin, ce sont des subventions. »

Charles-Olivier Dumont, vice-président exécutif et chef des opérations chez Victoriaville & Co, membre du CA de Destination Entreprise

Il est, par contre, bien clair.

Il ne s’agit pas de faire un « bar ouvert » avec ces subventions, mais bien d’avoir un plan d’affaires complet. Une entreprise pourrait notamment devoir présenter un plan d’affaires démontrant comment elle compte se repositionner, trouver de nouveaux marchés ou adapter sa production. Le maintien des emplois au Québec pourrait également faire partie des conditions. Dans ce modèle, un prêt pourrait devenir non remboursable si l’entreprise atteint les objectifs prévus.

M. Dumont n’est pas le seul à penser que des subventions seraient plus bénéfiques pour les entrepreneurs québécois. La Chambre de commerceet d’industrie des Bois-Francs et de l’Érable (CCIBFE) et la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) sont du même avis.

Selon les informations de M. Dumont, relativement peu d’entreprises de la région auraient demandé de l’aide gouvernementale auprès de Destination Entreprise, qui administre les aides financières dans la région. Il attribue notamment cette situation à une méconnaissance des programmes disponibles, mais aussi à la réticence de certains entrepreneurs à s’endetter davantage.

Pour sa part, Victoriaville & Co, qui se spécialise dans la fabrication de cercueils, ne prévoit pas de crise liée aux tarifs douaniers. L’entreprise affirme avoir réussi jusqu’ici à absorber des coûts supplémentaires de l’ordre de plusieurs centaines de milliers de dollars.