Pertes d’emplois : « le Québec est maintenant touché davantage »
Un travailleur s'affaire près de planches de bois empilées, à Mont-Blanc, au Québec. Photo prise le 20 janvier 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi Des groupes de défense des droits des chômeurs s’inquiètent de l’ampleur des dernières pertes d’emplois, qui touchent particulièrement le Québec.
Dans ses statistiques globales dévoilées vendredi, Statistique Canada précise qu’en septembre, l’emploi a reculé de 49 000 au Québec et de 68 000 au Canada.
Pour le Québec, Statistique Canada a enregistré des pertes cumulatives de 130 000 emplois, de janvier à septembre.
«C’est énorme, c’est beaucoup», s’est exclamé en entrevue Milan Bernard, co-porte-parole du Conseil national des chômeurs et chômeuses, qui rassemble des groupes voués à la défense des droits des chômeurs.
Au Québec, ce recul de 49 000 emplois en septembre suit un précédent recul de 19 000 au mois d’août.
«Lorsqu’on regarde la concentration au Québec, on peut se dire que le Québec est maintenant touché davantage, un peu comme l’a été l’Ontario, au cours de la dernière année, par ce ralentissement économique, qui est causé par la guerre commerciale. Ça peut être une des explications», a avancé M. Bernard.
Il perçoit également une «notion politique» dans les types d’emplois touchés. Ainsi, Statistique Canada souligne que le secteur public est plus touché au pays. Les femmes et les jeunes sont aussi plus touchés.
«On voit maintenant les conséquences des discours, à la fois au fédéral, mais aussi au provincial, de mises à la retraite, de congédiements, de rétrécissement de la taille de l’État. Bien sûr, ces discours-là, ils ne sont pas dans le vide; ils ont des conséquences concrètes dans la population», estime M. Bernard.
Il revient donc à la charge avec les revendications du Conseil national des chômeurs, d’autres groupes de défense des chômeurs et des syndicats, comme celle d’accroître l’admissibilité au régime d’assurance-emploi, de même que la durée des prestations pour tous les travailleurs touchés.
Institut du Québec et Desjardins
L’Institut du Québec s’attarde aussi, dans son analyse, sur le fait que le secteur public a été particulièrement touché. Ainsi, il évoque «une croissance qui s’est récemment renversée dans l’administration publique».
«Depuis 2024, le nombre d’employés de l’administration publique provinciale a cependant diminué en raison des efforts déployés par les ministères et organismes pour respecter leurs niveaux d’effectifs et au gel de recrutement et d’embauche. Ce gel est entré en vigueur le 1er novembre 2024 pour les employés nommés en vertu de la Loi sur la fonction publique, ainsi que pour les effectifs hors fonction publique. Le gel prévoit toutefois certaines exceptions, notamment dans les organismes scolaires et les établissements publics de santé et de services sociaux», relève l’Institut du Québec.
Chez Desjardins, on constate aussi une «forte baisse de l’emploi en septembre», mais on ajoute qu’elle «doit toutefois être relativisée».
«Après plusieurs années de forte croissance, la population en âge de travailler recule maintenant d’environ 1 % sur un an, réduisant le potentiel de croissance de l’emploi et limitant la hausse du taux de chômage», ajoute Desjardins, dans une note économique.