[PHOTOS] Une centaine de personnes manifestent contre la spéculation immobilière à Victoriaville

Claude Marquis | 2 novembre 2026 | 10:54
(Crédit photo Claude Marquis - monvicto.com)

Une centaine de personnes ont pris part, samedi, à une manifestation contre la spéculation immobilière, au centre-ville de Victoriaville. Le rassemblement a été organisé par un petit groupe de citoyens, dans la foulée du reportage de l’émission Enquête sur les pratiques de certains propriétaires immobiliers.

Les participants se sont d’abord donné rendez-vous devant les bureaux de Pella Immobilier, sur la rue Notre-Dame Est. En geste de manifestation douce, ils ont apposé des notes sur les vitres du bureau condamnant les pratiques démontrées dans le reportage.

Les manifestants ont ensuite pris la route tranquillement, et escorté par la Sûreté du Québec (SQ), vers les bureaux de Cité Immobilier, situés tout près du Carré 150. Là aussi, des notes ont été collées aux vitres.

Le rassemblement a duré environ une heure. La manifestation s’est déroulée pacifiquement et sans accrochages.

Rencontrée sur place, une des organisatrices de la mobilisation, Jade Bronsard, s’est dite émue de voir autant de gens présents.

Elle-même locataire à Victoriaville, elle affirme que le reportage a mis en lumière des situations vécues par plusieurs personnes, notamment celles qui ont de la difficulté à payer leur loyer ou même à se nourrir.

Des locataires ont justement pu partager leurs préoccupations. C’est le cas de Thérèse, une locataire de 68 ans qui réside dans un appartement de la rue Pigeon, récemment acquis par Cité Immobilier et Sébastien Gagnon. Elle souhaite une meilleure protection des personnes âgées.

Elle souligne que ce n’est pas par manque de volonté que plusieurs aînés locataires ne peuvent se défendre et faire valoir leurs droits. Elle mentionne la santé de certains ou les capacités cognitives de d’autres pour expliquer ces difficultés. Dans tous les cas, Thérèse aimerait que les lois changent et permettent de mieux protéger les locataires plus vulnérables.

Le coordonnateur du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ), Benoît Rullier, tenait à être présent à Victoriaville, samedi, « pour amener le soutien qu’il pouvait. »

« Tout le monde est écœuré par ce qui se passe, » a-t-il lancé.

M. Rullier estime que la mobilisation de cette fin de semaine témoigne d’une prise de conscience grandissante face à la crise du logement. Il est d’avis que le momentum apporté par le reportage permet de donner un autre souffle à la cause des locataires, une cause trop souvent portée par peu d’employés dans les différentes associations qui les accompagnent dans leurs démarches.

Selon lui, la solution au problème de la spéculation immobilière n’est pas si simple : « C’est un problème complexe. C’est une pieuvre. C’est un peu comme le capitalisme en général. »

M. Rullier croit qu’il faut s’attaquer à ce système, ce système qui alimente également la crise de l’itinérance. Benoît Rullier ne peut dissocier la crise du logement de celle de l’itinérance : « Ah oui, clairement, il faut vraiment commencer à remettre beaucoup de choses en cause. »

Les solutions à moyen ou long terme, selon lui, seraient un meilleur contrôle des loyers et la mise en place d’un registre pour encadrer les augmentations.

M. Rullier est optimiste que les choses vont changer : « On entend la joie, on entend l’espoir que les choses vont finalement changer et bouger dans la bonne direction. Moi, je suis vraiment très optimiste. »