Travailleurs étrangers : les Métallos réclament des solutions permanentes

Claude Marquis | 17 mars 2026 | 12:02
(Image d'illustration Depositphotos)

À la suite de l’annonce par le gouvernement fédéral de la prolongation d’un an des permis de travailleurs étrangers temporaires (TET), le Syndicat des Métallos se veut prudent. Il met en garde contre le statu quo et une nouvelle édition du drame dans un an, une fois le moratoire passé.

Par voie de communiqué, le Syndicat des Métallos martèle qu’il « faut accepter de toute urgence ces travailleurs de façon permanente sur le territoire et revoir les modèles d’immigration pour qu’une telle situation ne se reproduise plus. »

Le directeur québécois des Métallos, Nicolas Lapierre, insiste : « Les besoins de main-d’œuvre sont permanents, le statut des travailleurs qui les occupent doivent le devenir aussi. »

« Le modèle d’affaires qui repose sur le recours à des travailleurs à statut précaire, dont le permis fermé ne permet pas d’aller travailler ailleurs, doit cesser. On voit des entreprises qui comptent sur 30 %, 40 % et même 50 % de main-d’œuvre captive, ça n’a pas de sens. Oui à une immigration permanente, mais non à l’esclavage moderne. »

Nicolas Lapierre, directeur québécois des Métallos

M. Lapierre concède que ce sursis d’un an « donne de l’air » pour régler la situation, mais, selon lui, Québec doit profiter de ce moment « pour accepter de façon permanente » les travailleurs étrangers temporaires qui souhaitent immigrer, de même que les entreprises qui devront les soutenir dans cette démarche.

Les Métallos s’inquiètent également du « peu d’empressement » du gouvernement à sélectionner les travailleurs étrangers temporaires du secteur manufacturier dans le cadre du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ). Les Métallos mentionnent que les invitations arrivent « au compte-gouttes », alors que Québec a déjà signifié son intention de privilégier les travailleurs du secteur public, comme ceux des réseaux de l’éducation et de la santé. 

Nicolas Lapierre rappelle que « les usines et les entreprises du secteur manufacturier sont essentielles à l’économie du Québec et tout particulièrement [en] région. » Il croit que le PSTQ devrait aussi profiter du délai d’un an pour multiplier les invitations à immigrer de façon permanente « pour l’avenir de l’économie. »