Un rapport sur l’immigration révèle une MRC d’Arthabaska de plus en plus diversifiée
Warwick
(Crédit photo Matt Charland) La MRC d’Arthabaska a publié, lundi, son rapport de recherche De l’attractivité à l’ancrage durable : Bilan, avancées et perspectives de l’immigration dans la MRC d’Arthabaska. Réalisée par la Chaire de recherche du Canada sur les dynamiques migratoires mondiales de l’Université Laval (DYMIG), l’étude révèle une augmentation marquée de l’immigration sur le territoire, depuis les dernières années, et l’apport indéniable des citoyens issus de l’immigration temporaire dans différents secteurs d’activités stratégiques du territoire.
Le document de 89 pages se penche, surtout, sur la transformation démographique globale de la MRC d’Arthabaska dans les dernières années.
Un des premiers constats du rapport est que la croissance démographique de la MRC repose maintenant « exclusivement » sur l’arrivée de nouveaux résidents, en provenance du Québec et de l’étranger. Le faible taux de natalité en comparaison aux décès plus nombreux dans la MRC ne suffit pas à engendrer une croissance de la population soutenue.
Selon les données des recensements au Canada, la proportion de personnes nées à l’étranger résidant sur le territoire est passée de 2,69% à 3,44%, soit une augmentation de 31,7%, entre 2016 et 2021.
En 2021, la MRC comptait 2555 personnes nées à l’étranger.
D’où provient la population immigrante arthabaskienne?
De façon générale, la MRC attire surtout des personnes issues de l’immigration provenant d’autres régions du Québec, tandis que les migrations internationales et interprovinciales de personnes qui arrivent directement dans la MRC sont beaucoup plus modestes.
Dans toutes les municipalités de la MRC, la majorité des nouveaux arrivants proviennent d’ailleurs au Québec. Les municipalités de Chesterville, Sainte-Hélène-de-Chester, Sainte-Séraphine, Saint-Rémi-de-Tingwick, Saint-Samuel, Saints-Martyrs-Canadiens et Tingwick affichent des valeurs particulièrement élevées de leur population immigrante provenant d’ailleurs dans la province.
À l’inverse, les migrants internes interprovinciaux, qui proviennent d’autres provinces canadiennes, demeurent très peu représentés. Ils sont observés dans seulement trois municipalités.
Les mobilités internationales (externes) sont concentrées, quant à elles, dans quelques municipalités, dont Ham-Nord, Kingsey Falls, Saint-Christophe-d’Arthabaska, Saint-Samuel, Tingwick, Victoriaville, ainsi que Tingwick.
En 2021, plus de 40% des immigrants récents dans la MRC provenaient de la Syrie et de la France. Le pourcentage élevé d’immigrants de la Syrie est lié à l’accueil de réfugiés syriens au Québec durant cette période.
Une immigration inégale sur le territoire
Quand on analyse la proportion d’immigrants à plus petite échelle, force est de constater que certains secteurs de Victoriaville et de Warwick affichent une présence plus importante de personnes issues de l’immigration et de leur famille, notamment de par leur offre d’infrastructures, de services et de logement.
La carte ci-dessous révèle une concentration marquée des immigrants dans le noyau urbain de Victoriaville. Victoriaville est considérée comme la municipalité de la MRC « la plus diversifiée » avec des proportions de personnes nées à l’étranger allant jusqu’à 17,29%. Cette proportion atteint les 25,76% quand on parle d’immigrants de première et de deuxième générations.

À l’inverse, plusieurs municipalités affichent des valeurs de 0% de personnes nées à l’étranger, indiquant une absence d’immigration récente, dont Notre-Dame-de-Ham, Sainte-Séraphine, Saint-Samuel et Saints-Martyrs-Canadiens.
L’immigration temporaire n’est pas à sous-estimer
Les résultats montrent une progression nette des immigrants temporaires, entre 2018 et 2022, avec une croissance marquée pour les trois types de permis, sur cinq ans, soit les travailleurs du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET), les travailleurs du Programme de la mobilité internationale et les étudiants internationaux.
Au total, une estimation de 957 personnes de ces trois sous-groupes résidait dans la MRC au 31 décembre 2022, soit une croissance de 270,9% depuis 2018.
À Saint-Louis-de-Blandford, notamment, la présence d’importantes productions de canneberges entraîne l’ouverture de nombreux postes saisonniers, notamment pour des ouvriers agricoles et des manœuvres à la récolte. À Kingsey Falls, moins de 5% des résidents sont nés à l’étranger, mais la proximité de la compagnie Cascades explique la présence importante de travailleurs temporaires et saisonniers.
De 2023 à 2025, les besoins de main-d’œuvre sont demeurés particulièrement importants dans le secteur agricole, notamment pour les ouvriers et les manœuvres aux soins du bétail. Parallèlement, les secteurs manufacturier et des services ont pris de plus en plus d’importance.
Quelques recommandations
Les recommandations visent principalement à favoriser l’intégration des personnes immigrantes et la cohésion sociale dans la MRC.
Il est notamment proposé de multiplier les activités interculturelles, de sensibiliser la population et les milieux de travail, et de mieux reconnaître la contribution de l’immigration à la vitalité régionale.
Le rapport recommande aussi de renforcer les organismes déjà en place qui sont généralement les portes d’entrée principales des personnes issues de l’immigration, d’améliorer la collaboration entre les différents acteurs, de mieux soutenir les familles, d’accroître l’accès à la francisation et d’adapter les services de transport aux besoins des nouveaux arrivants.