Embardée mortelle à Plessisville : le jeune conducteur écope de 12 mois de mise sous garde

Claude Marquis | 16 septembre 2026 | 11:56
Palais de justice de Victoriaville. (Crédit photo monvicto.com)

La juge Véronique Lemire de la Cour du Québec en chambre de la jeunesse a rendu, mercredi, sa décision concernant le jeune conducteur impliqué dans une embardée mortelle survenue à Plessisville en mai 2025. L’adolescent écope donc d’une peine de 12 mois, assorti d’une période de probation de 12 mois et d’une interdiction de conduire de cinq ans.

Sur les 12 mois de mise sous garde, l’adolescent sera placé huit mois dans un milieu ouvert. Il sera ensuite soumis à une surveillance dans la collectivité pour les quatre mois de la peine restants.

La décision rendue est bien loin de celle proposée par la Couronne qui réclamait plutôt 30 mois d’emprisonnement ferme à purger en centre jeunesse, suivi d’un six mois de probation.

Dans sa décision, la juge Lemire n’y va pas de main morte en décrivant le jeune accusé comme un adolescent « au profil marqué par la témérité », avec un « risque limité du danger » et un « manque marqué de jugement. »

Dans son rappel des faits, la magistrate a qualifié les crimes « d’une gravité élevée. » Elle cite notamment la témérité de l’accusé qui a causé, rappelons-le, la mort d’un autre adolescent, mais aussi des blessures très sérieuses aux autres passagers présents dans le véhicule : poumons perforés, lacération au rein, vertèbres et dents cassées, mâchoire fracturée et commotion cérébrale.

La juge n’a pas été sans rappeler que certains de ces jeunes vivront avec des conséquences physiques à vie et d’autres sont encore troublés psychologiquement plus d’un an après les événements.

La famille de la victime vit également avec des conséquences lourdes. La juge Lemire a cité l’insomnie vécue par des membres de la famille, la prise de médication suivant les événements et l’anxiété qui vient troubler le quotidien des proches.

« Tolérance zéro »

Comme facteurs aggravants pour dicter sa décision, la juge Lemire retient que l’accusé n’a pas respecté les conditions entourant son permis de conduire au moment des faits. Il n’a notamment pas respecté le nombre de passagers auquel il avait droit dans son véhicule ni le fait qu’il n’avait pas le droit d’avoir des gens à bord après minuit.

Malgré que les accusations de conduite avec facultés affaiblies aient été retirées dans ce dossier, la preuve a tout de même établi que de l’alcool avait été consommé lors de cette soirée. Le permis de conduire de l’accusé affichait une tolérance zéro pour l’alcool au moment des événements, élément qu’a retenu la juge.

La juge est également d’avis que l’accusé s’est placé en victime pendant le processus judiciaire évoquant notamment le fait « qu’il avait raté son bal de finissants » dû aux événements.

Elle n’a pas apprécié, non plus, que dans les circonstances, l’accusé se soit remis à faire de la course automobile « assez rapidement » après les faits.

Un environnement stable et une reconnaissance de culpabilité

Malgré que l’immaturité et la témérité de l’accusé a souvent été nommé, la juge reconnaît que l’adolescent n’a pas le profil d’un délinquant.

Il n’a pas d’antécédents, il n’a pas de problèmes de comportement, il fonctionne bien et il bénéficie d’un environnement familial « stable et solide. »

La juge note également que l’accusé a reconnu sa culpabilité tôt dans le processus judiciaire et qu’il a bien collaboré avec les autorités. Il est également en mesure de reconnaître son goût du risque et qu’il est le seul responsable de la tournure tragique de cette soirée de mai 2025.

Elle soulève aussi, comme facteur atténuant, que l’accusé a lui-même fait des démarches pour être suivi en thérapie alors que ce n’était pas demandé par la cour.

Une peine complexe

« L’imposition d’une peine pour adolescent est complexe », a lancé la juge Lemire lors de la lecture de sa décision.

Elle a rappelé qu’une peine pour adolescent « doit favoriser la réinsertion sociale » et « doit promouvoir le sens des responsabilités. »

La magistrate est d’avis que le jeune accusé « doit prendre du recul » et entamer « une réflexion sérieuse » par rapport à ses agissements. La mise sous garde de 12 mois correspond, selon elle, à une bonne période pour commencer un tel processus personnel.

En réaction à la peine imposée, le Procureur de la Couronne, Me Simon Gélinas, « n’exclut pas » la possibilité de porter la décision en appel. De son côté, la Défense, représentée par Me Jean-Philippe Anctil, n’a pas voulu commenter, alléguant que « [c’était] lourd » pour tout le monde.

La Couronne a 30 jours pour porter la décision en appel.