Table des MRC : Natacha Tessier plaide pour une région sociosanitaire distincte et des hôpitaux adaptés

Louis-Philippe Harnois-Arel | 24 septembre 2026 | 07:34
Natacha Tessier, mairesse de Saint-Germain-de-Grantham et présidente de la Table des MRC Centre-du-Québec. (Photo courtoisie)

La présidente de la Table des MRC du Centre-du-Québec, Natacha Tessier, fait le plaidoyer pour un « Santé Québec Centre-du-Québec » séparé de la Mauricie et pour des hôpitaux pouvant répondre à la croissance démographique régionale.

Dans une lettre ouverte, elle réclame une autonomie de gestion et le déploiement d’infrastructures modernes et adaptées avec le projet de nouvel hôpital régional à Drummondville et l’agrandissement de l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska, pour lesquels des échéanciers clairs n’ont pas été dévoilés. Tessier perçoit aussi un flou persistant.

« Sommes-nous en train de créer, bien malgré nous, une nouvelle classe de citoyens en ce qui a trait à l’accessibilité des soins de santé au Québec ? Des citoyens de seconde zone, et ce, en plein cœur du Québec urbanisé ? La question est brutale, mais elle s’impose », signifie Natacha Tessier.

Cette « équité en santé » demandée se traduit par un accès aux soins de proximité, de sécurité des familles, de qualité de vie et d’attractivité territoriale.

Malgré un poids démographique comparable à nos voisins au nord du fleuve, celle qui est aussi mairesse de Saint-Germain-de-Grantham fait le constat qu’il y a moins de médecins spécialistes, moins de médecins de famille, moins de lits de courte durée et seulement deux centres hospitaliers, contre cinq en Mauricie.

Elle rappelle qu’une deuxième rupture de service en accouchement en un mois ont eu lieu à l’Hôtel-Dieu Arthabaska. Les patientes ont été redirigées vers l’hôpital Sainte-Croix « qui tombe en ruine » et où les dégâts d’eau à répétition forcent l’annulation de chirurgies et la fermeture partielle ou complète de département menant à un transfert vers Trois-Rivières.

À Drummondville, une urgence modulaire temporaire doit être implantée dans le stationnement puisque les installations actuelles sont constamment débordées.

« Cet exemple concret illustre parfaitement le déséquilibre et l’iniquité que subit notre région en santé. Soyons clairs, avoir accès à un médecin, à un lit d’hôpital ou à des services dans des délais raisonnables et à proximité de notre domicile, ce n’est pas un caprice. C’est un droit fondamental. C’est le strict minimum auquel nos citoyens s’attendent », ajoute Tessier.

Une région en développement

La présidente de la Table fait état d’un « paradoxe centricois » alors que la région se démarque par une augmentation démographique qui devrait dépasser par 10 fois la moyenne québécoise d’ici 2029.

En économie, les investissements privés ont progressé à un rythme moyen de 27,9% entre 2021 et 2025, soit quatre fois plus que la moyenne québécoise.

Ce développement « accentue une pression insoutenable sur un réseau de santé déjà sous pression ».

« Comment pouvons-nous accueillir durablement les travailleurs et les familles qui choisissent notre région si nos infrastructures de soins sont défaillantes, voire dangereuses ? Il est grand temps que l’organisation de nos services de santé reflète enfin cette réalité et donne à notre région les moyens de prendre soin des siens », conclut Natacha Tessier.