Alex Boissonneault préoccupé par une « potentielle crise » du réseau de la santé dans la région

Claude Marquis | 29 septembre 2026 | 10:45
Le député sortant et candidat du Parti Québécois (PQ) dans Arthabaska-L'Érable, Alex Boissonneault, se dit préoccupé par la situation dans le réseau de la santé de la région. (Photo courtoisie)

Le député sortant et candidat du Parti Québécois (PQ) dans Arthabaska-L’Érable, Alex Boissonneault, se dit préoccupé par la situation dans le réseau de la santé de la région, alors qu’une quinzaine de médecins aurait quitté leur poste à l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska (HDA), à Victoriaville, dans la dernière année.

Pour Alex Boissonneault, ces départs « sont le résultat d’une mauvaise gestion de la CAQ et [font] craindre le pire pour la couverture des lits hospitaliers ». Sans oublier les « conséquences directes » sur les listes d’attente.

Selon des informations rapportées par le PQ, huit médecins omnipraticiens qui travaillaient en hospitalisation, un médecin de l’urgence et six médecins spécialistes, qui travaillaient tous à l’HDA, ont donné leur démission dans la dernière année.

Questionné à ce sujet, Santé Québec affirme avoir été « officiellement avisé » de sept départs de médecins de famille à l’HDA, spécifiquement dans le secteur de l’hospitalisation.

L’organisation rappelle que les départs de médecins peuvent être attribués à plusieurs facteurs, notamment un déménagement, un changement de pratique ou un départ à la retraite.

lE Dossier santé numérique, UN FREIN AU RECRUTEMENT

Le candidat du PQ déplore, non seulement, les départs d’effectif médical, mais pointe également du doigt l’implantation du Dossier santé numérique (DSN) au sein des établissements de Santé Québec Mauricie-Centre-du-Québec – Universitaire. Il est d’avis qu’il est « de plus en plus difficile de recruter des médecins permanents et des médecins dépanneurs en raison de l’utilisation du DSN. »

Selon des témoignages reçus par le député sortant, les intervenants qualifient la gestion du DSN de « contre-intuitive et peu conviviale. » D’autres ont aussi constaté que « certaines informations et certains diagnostics [étaient] difficiles à trouver dans le logiciel, ce qui ralentit considérablement le travail des équipes. »

Alex Boissonneault estime qu’il faut réévaluer le DSN et y apporter « rapidement des correctifs » afin qu’il réponde aux besoins des équipes sur le terrain. Il croit aussi que le personnel bénéficierait d’une formation plus adéquate et d’un accompagnement « à la hauteur de ses besoins. »

Rappelons que le déploiement du DSN a été annoncé sous la forme d’un projet pilote dans deux établissements, dont Santé Québec MCQ. Dans ce dernier, les points de service sont répartis sur un vaste territoire en plus de présenter des réalités et des ressources différentes.

Sur les enjeux de recrutement, Santé Québec estime que le défi est présent « partout au Québec » et particulièrement dans la médecine familiale.

Par courriel, Santé Québec mentionne : « Comme plusieurs régions, le Centre-du-Québec doit composer avec une disponibilité limitée de médecins de famille. C’est pourquoi nous poursuivons activement nos efforts de recrutement, d’accueil et d’accompagnement des futurs médecins afin de favoriser leur établissement durable dans la région. »

Santé Québec se dit « sensible » aux défis auxquels fait face le personnel médical « dans un contexte de ressources limitées. »

Des conséquences réelles et l’importance d’agir

Alex Boissonneault ne mâche pas ses mots : le Centre-du-Québec a été négligé, en matière de santé, par le gouvernement de la CAQ, d’où l’importance d’agir.

Il rappelle la disparité de services entre la région centricoise et la Mauricie où l’on retrouvait, notamment, un médecin pour 780 habitants, en 2021. Au Centre-du-Québec, ce ratio s’élevait à un médecin pour 1007 habitants, selon des informations rapportées par le PQ.

Alex Boissonneault réitère l’idée de créer une zone sociosanitaire dans le Centre-du-Québec afin d’offrir davantage de services à la population.

« Ce n’est pas normal que les gens ne soient pas maîtres de leurs services. Dans le cas de Victoriaville, les décisions devraient se prendre par et pour les gens d’ici. Il faut miser sur la décentralisation en santé afin d’offrir des soins de proximité. Les décisions doivent se prendre localement, en tenant compte de l’expertise du personnel sur le terrain et des intervenants de Santé Québec Mauricie-et-Centre-du-Québec. »

Alex Boissonneault, candidat du PQ dans Arthabaska-L’Érable

Le PQ s’est aussi engagé à renforcer la première ligne et à faire des CLSC la porte d’entrée du réseau en y injectant 150 M$ sur 4 ans. La formation de Paul St-Pierre-Plamondon s’est également engagée à bonifier les cohortes en médecine, notamment dans les universités en région.