Le gouvernement du Québec compte mettre fin au changement d’heure

La Presse Canadienne | 28 octobre 2026 | 09:15
Selon plusieurs études, le changement d'heure est une pratique «contre-productive pour la santé» et pose «des difficultés d’adaptation aux enfants». Photo prise à Vancouver le 5 septembre 2014. (LA PRESSE CANADIENNE/Jonathan Hayward)

Le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon confirme que son gouvernement a l’intention d’abolir le changement d’heure au Québec. Reste à savoir, cependant, si c’est l’heure d’été ou l’heure d’hiver qui sera conservée toute l’année.

M. St-Pierre Plamondon a écrit mercredi matin sur les réseaux sociaux que les Québécois reculeront leurs horloges d’une heure «fort probablement» pour une «dernière fois» dans la nuit de samedi à dimanche.

Son gouvernement a l’intention de mettre fin à cette pratique, qui, selon plusieurs études, est «contre-productive pour la santé» et pose «des difficultés d’adaptation aux enfants», a-t-il souligné.

Afin de déterminer si l’heure d’hiver (heure normale) ou l’heure d’été (heure avancée) sera conservée en permanence, M. St-Pierre Plamondon a l’intention d’entendre des spécialistes lors de consultations qui commenceront «dans les prochains mois».

Le premier ministre veut ainsi «être certain de bien préparer le terrain et de bien déterminer s’il serait préférable d’opter pour l’heure d’été ou pour l’heure normale». Il promet de tenir une «courte commission parlementaire» sur le sujet.

«Chers parents qui en ont pour plusieurs semaines à gérer la réaction de leurs enfants à ce changement d’heure, ceci est probablement la dernière année durant laquelle nous nous imposons de telles contraintes inutiles. Nous invitons la population à suivre de près nos travaux», a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.

Les Québécois veulent l’heure d’été

Le gouvernement précédent, dirigé par la Coalition avenir Québec, avait entamé une réflexion sur le changement d’heure.

Il avait lancé une consultation en ligne, à la fin de 2024, lors de laquelle 91 % des quelque 214 000 répondants avaient dit vouloir mettre fin au changement d’heure. Parmi les participants qui souhaitaient la fin du changement d’heure, 72 % voulaient conserver l’heure d’été toute l’année.

Le ministre de la Justice de l’époque, Simon Jolin-Barrette, avait toutefois noté que la consultation avait mis en lumière plusieurs enjeux, dont l’avis des experts et l’arrimage avec les États voisins.

Au printemps 2025, il avait conclu que des réflexions et des consultations supplémentaires étaient nécessaires. Au bout du compte, aucune décision n’a été prise avant la fin du mandat du gouvernement caquiste.

En conservant l’heure d’été toute l’année, les Québécois profiteraient d’un coucher du soleil plus tardif pendant l’hiver. Or, ce faisant, le soleil se lèverait une heure plus tard en hiver, ce qui pourrait avoir des conséquences négatives, selon plusieurs experts.

Une analyse publiée il y a quelques semaines par quatre chercheurs de la Colombie-Britannique dans le Journal de l’Association médicale canadienne concluait d’ailleurs qu’il serait préférable, au moment d’abolir le changement d’heure, de garder l’heure d’hiver toute l’année.

Une tendance au pays

S’il allait de l’avant avec l’abolition du changement d’heure, le Québec emboîterait le pas à plusieurs provinces canadiennes, dont la Colombie-Britannique, l’Alberta et le Manitoba, qui ont mis fin à cette pratique cette année.

Ces trois provinces ont choisi de conserver l’heure d’été toute l’année, comme l’ont fait les Territoires du Nord-Ouest.

En Ontario, certaines régions du nord-ouest de la province conserveront elles aussi l’heure avancée toute l’année, afin de s’arrimer au Manitoba.

L’Ontario s’est doté en 2020 d’une loi visant à rendre l’heure avancée permanente, mais celle-ci n’est pas encore en vigueur. La province notait que la coordination avec ses voisins, comme le Québec et l’État de New York, était essentielle.

La Saskatchewan ne change plus d’heure depuis 1966, tandis que le Yukon a mis fin à cette pratique en 2020.