Le Québec « dans de meilleures dispositions » avec les États-Unis, selon PSPP
Le premier ministre du Québec, Paul St-Pierre Plamondon, prend la parole lors d'une conférence de presse à Montréal, le vendredi 23 octobre 2026. (LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi) Le Québec est «dans de meilleures dispositions pour peut-être trouver une solution» à la guerre commerciale avec les États-Unis à la suite du résultat des élections de mi-mandat, selon le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon, qui a annoncé mercredi matin une offensive diplomatique au sud de la frontière.
Le scrutin de mardi soir a été interprété comme un désaveu des politiques du président républicain Donald Trump, puisque les démocrates ont repris le contrôle du Congrès.
Le Canada pourrait donc trouver des alliés pour atténuer les tensions entre les deux pays.
«Les Américains ont parlé, la donne a changé» et ils seront plus ouverts à négocier pour mettre fin au conflit commercial actuel, a conclu le premier ministre en mêlée de presse avant de se rendre à son bureau à Québec.
Quant à savoir si les relations seront meilleures, le ministre des Relations internationales, Dieudonné Ella Oyono, est resté plus prudent.
«Les relations vont être comme elles ont toujours été, les Américains défendent leurs intérêts, nous, on défend les nôtres», a-t-il soutenu.
«Nous, ce qu’on va faire, c’est préparer une offensive diplomatique de discussions avec les Américains pour voir s’il n’y a pas, à ce moment-ci, une solution», a indiqué le premier ministre.
Est-ce à dire que le Québec pourrait négocier directement avec les Américains?
«Avant de se positionner en ce sens, on va ouvrir les canaux de discussions», a répondu M. St-Pierre Plamondon, sans nécessairement écarter ce scénario clairement, alors que le gouvernement fédéral de Mark Carney s’était réservé jusqu’à maintenant le monopole des négociations avec Washington.
L’imposition de droits de douane et de diverses représailles par l’administration Trump a fait mal à l’économie canadienne.
Le Québec est d’ailleurs une des provinces les plus affectées par les droits de douane américains, qui frappent autant le bois d’œuvre que l’aluminium et divers produits manufacturés.
À la fin d’août dernier, l’économiste et stratège en chef chez iA Groupe financier, Sébastien Mc Mahon, soutenait même que le Québec était la province la plus affectée au Canada, en raison de la composition de sa grappe industrielle.
La situation varie d’un secteur à l’autre, mais le taux moyen des droits de douane imposé sur les exportations québécoises avait alors augmenté avec la nouvelle salve tarifaire de l’administration Trump, passant de 6,5 % à 10 %.
L’économiste en chef du Mouvement Desjardins, Jimmy Jean, estimait alors que le Québec pourrait se diriger vers une «légère» contraction économique.
M. Trump avait annoncé une nouvelle salve de droits de douane de 50 % contre des produits canadiens en août et la première ministre de l’époque, Christine Fréchette, avait alors soutenu que «jusqu’à 9 % de nos exportations pouvaient être affectées», pour une valeur totale de 7 milliards $.
Le gouvernement Fréchette avait lors signalé au fédéral qu’il s’opposerait à une réplique «dollar pour dollar» d’Ottawa aux mesures de Washington, mais le gouvernement Carney a néanmoins préconisé cette approche.
M. St-Pierre Plamondon s’opposait aussi à cette approche.