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Test important pour le DSN, mais une panne majeure a d’abord dû être réglée
Des infirmières en soins intensifs photographiées au département de cardiologie à l'hôpital Sacré-Coeur de Montréal. Cet hôpital fait partie du CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal où a lieu un des deux projets-pilotes d'implantation du dossier de santé numérique. Le mercredi 26 juillet 2023. LA PRESSE CANADIENNE/Ryan Remiorz Santé Québec se prépare pour le premier test à grande échelle du Dossier santé numérique (DSN) après une fin de semaine de lancement dans les deux CIUSSS – celui de la Mauricie-Centre-du-Québec et celui du Nord-de-l’île-de-Montréal – qui servent de cobayes pour la mise en place de cette transformation majeure des manières de faire dans le réseau de la santé.
Les responsables du déploiement ont reçu pour le week-end 2168 «billets», c’est-à-dire des signalements de problèmes de toutes sortes, mais l’écrasante majorité de ceux-ci étaient des demandes de soutien et d’informations liées au nouveau système.
Le problème le plus important qui a été rencontré et qui reste à être résolu est celui de la latence, c’est-à-dire lorsque le système est surchargé et cesse de fonctionner pour certaines opérations. Ce problème a mené les responsables à augmenter la capacité de la bande passante, qui est passée de 2 gigabits à 10 gigabits, mais le problème se manifestait toujours par intermittence encore lundi matin.
Panne majeure en Mauricie
Cependant, tout le système a été paralysé durant environ deux heures lundi matin au CIUSSS Mauricie-Centre-du-Québec en raison d’«un problème touchant un équipement réseau», a expliqué Santé Québec dans un message à La Presse Canadienne. «Depuis 9 h 25, aucun nouvel incident n’a été signalé à ce sujet et les connexions sont maintenant rétablies, précise-t-on. Une analyse approfondie est actuellement en cours afin d’identifier la cause exacte et de mettre en place les mesures correctives appropriées.»
Lors de la mise à jour de lundi, la vice-présidente aux technologies de l’information de Santé Québec, Erika Bially, a qualifié le problème de latence de prioritaire et a dit s’attendre à une journée chargée. «On a plusieurs services qui n’ont pas été réalisés en fin de semaine, alors on a vraiment une arrivée massive des employés aujourd’hui et on s’attend à des hausses de billets. (…) On va avoir plus d’activités, on va avoir plus d’usagers, on va avoir plus de cliniciens et de professionnels de travail dans plusieurs installations.»
Mme Bially a cependant tenu à préciser que le fournisseur du système Epic avait averti Santé Québec qu’il fallait s’attendre plutôt à 6000 billets par jour au début de l’implantation et que le nombre de 2000 obtenus était bien inférieur à ce que l’on craignait. Il restera à voir ce que la journée de lundi apportera comme demandes d’intervention.
Cependant, les PDG des deux CIUSS rapportent que leurs opérations se sont déroulées normalement durant la fin de semaine, Nathalie Petitclerc, de la Mauricie-Centre-du-Québec, rapportant même un achalandage 29 % plus élevé qu’à l’habitude du nombre d’ambulances s’étant présentées à l’urgence sans que cela ne cause de problème.
Gains d’efficience
Parmi les gains rapportés, on a fait état d’un accès rapide et complet au dossier d’une personne aux prises avec des problèmes de santé mentale qui était en crise. «Ce que ça signifie, c’est que les intervenants étaient en meilleure position pour gérer la dangerosité, connaissant l’historique de la personne, et comme ça ont pu mieux adapter leurs interventions aux besoins de cet usager-là», a raconté Mme Petitclerc.
Son homologue du Nord-de-l’Île-de-Montréal, Adélaïde De Melo, a rapporté certaines difficultés du côté de l’accès au DSN, c’est-à-dire comment s’y brancher. «C’est ça qui demeure un des enjeux qui sont quand même résolus assez rapidement.» Elle aussi a dit s’attendre à une journée de lundi fort chargée. «Aujourd’hui, il y a d’autres éléments nouveaux comme tout le volet ambulatoire, les activités électives de la semaine qui commencent.»
Sonia Bélanger satisfaite
De passage à Montréal pour une annonce en prévention, la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, a dit avoir été très satisfaite après avoir été sur le terrain durant la fin de semaine pour voir comment cette implantation se passait. Elle a toutefois reconnu qu’il y avait encore des problèmes à résoudre, mais qu’il n’y avait là rien d’étonnant. «Écoutez, c’est une transformation gigantesque qui est en train de se mettre en place avec un système d’information qui est vraiment extrêmement élargi. On ne parle pas d’un système d’information seulement à l’hôpital, mais dans les CHSLD, les CLSC. Je l’ai dit à quelques reprises, c’est normal qu’on va avoir des anomalies. Ce ne sont pas tous des bogues informatiques. Des fois, ça peut être des erreurs faites par les utilisateurs. Des fois oui, c’est technologique.»
«Concernant la latence, a-t-elle poursuivi, les problématiques qui ont eu lieu avec les bandes passantes, c’est arrivé aussi ce week-end. Ils ont pu rétablir rapidement. Ce matin, c’est arrivé pour une période d’environ deux heures, on me dit que c’est corrigé.»
Inquiétudes à la FIQ
Si la grande majorité des billets sont reliés à des demandes d’information, de soutien et d’aide à l’utilisation, il va de soi que les personnes-ressources sur le terrain, notamment ceux et celles que l’on appelle les super-utilisateurs, entre autres, sont lourdement sollicitées.
Dans un communiqué publié lundi matin, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) a d’ailleurs dit s’inquiéter d’une «surcharge importante pour les équipes de soutien et les super-utilisatrices», de «problèmes de connexion au système Epic», de «bogues avec certains appareils» et «des retours au papier dans plusieurs milieux de soins».