Les producteurs du Centre-du-Québec réclament le doublement du budget en agriculture

Claude Marquis | 21 septembre 2026 | 13:26
En cette période électorale, la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec, en collaboration avec le Syndicat de l’UPA de Drummond, demande aux partis politiques rien de moins que de doubler le budget en agriculture. (Photo courtoisie)

En cette période électorale, la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec, en collaboration avec le Syndicat de l’UPA de Drummond, demande aux partis politiques rien de moins que de doubler le budget en agriculture.

La Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec et le Syndicat de l’UPA de Drummond sont d’avis que le doublement du budget agricole permettra au prochain gouvernement d’agir concrètement sur les principaux enjeux qui fragilisent le secteur : revenu des producteurs, investissements, endettements, relève et transferts de fermes, gestion des risques et adaptation aux changements climatiques.

Selon les deux organisations, les gouvernements à travers le monde consacreraient, en moyenne, 2% de leurs dépenses en agriculture. Au Québec, le budget en agriculture n’atteint « même pas » 1% des dépenses publiques, ce qui représenterait environ 1,5 G$ sur une enveloppe totale de 170,8 G$.

Notons également que 22% de ce mince budget en agriculture est consacré au Programme de crédit de taxes foncières agricoles (PCTFA). La Fédération de l’UPA régionale et le Syndicat de Drummond estiment que cette part du budget vient réduire les sommes disponibles pour d’autres programmes, qui, eux, auraient déjà diminué de 40%, limitant ainsi le soutien à la productivité, à l’innovation, à la relève et à l’adaptation aux changements climatiques.

« L’agriculture n’est pas une dépense comme une autre, mais un investissement stratégique dans notre autonomie alimentaire, nos régions et notre économie. Le prochain gouvernement doit doubler les sommes consacrées à l’agriculture pour les porter à la hauteur des besoins du secteur, alors que les coûts des intrants, les exigences réglementaires et les incertitudes géopolitiques ne cessent d’augmenter. »

Pierre Gauthier, président du Syndicat de l’UPA de Drummond

En 2025, le secteur agricole québécois a généré 13,5 G$ de recettes monétaires agricoles, ce qui en fait la plus importante activité du secteur primaire au Québec. Pourtant, les entreprises agricoles font face à une pression financière « sans précédent », selon les deux organisations.

Le revenu net agricole est passé de 1,2 G$ en 2021 à seulement 154,9 M$ en 2025. En parallèle, la dette agricole a atteint un sommet historique de 34,2 G$ en 2025. Cette combinaison fragiliserait la capacité des producteurs à investir, à maintenir la viabilité de leurs entreprises et, surtout, à assurer leur transfert à la prochaine génération.

« Derrière les statistiques, il y a des familles, des entreprises et des jeunes qui se demandent s’ils pourront prendre la relève. Si nous voulons conserver une agriculture forte et diversifiée au Québec, si nous voulons assurer la vitalité de nos régions, si nous voulons pérenniser l’important pôle économique qu’est le secteur agricole pour le Québec, nous devons donner aux entreprises agricoles les moyens de leur ambition et préparer l’avenir. »

Julie Bissonnette, présidente de la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec

En plus du doublement des sommes accordées en agriculture, les organisations demandent également de mieux soutenir les différentes réalités agricoles, de reconnaître les pratiques agroenvironnementales et de rendre accessible à toutes les entreprises agricoles le remboursement de la tarification du carbone.

Rappelons que l’agriculture est un moteur économique et social essentiel pour le Centre-du-Québec. Les 3000 entreprises agricoles établies sur le territoire génèrent un PIB annuel de 543 M$, soutiennent quelque 5000 emplois et occupent 93% de la région. Elle est la troisième région administrative la plus importante en termes d’agriculture au Québec.