Quatre candidats croisent le fer au débat électoral du Cégep de Victoriaville

Claude Marquis | 25 septembre 2026 | 10:10
Les quatre candidats présents au débat organisé par le Cégep de Victoriaville : Tarek Henoud du Parti conservateur, Alex Boissonneault du Parti Québécois, Stéphanie Poirier de Québec solidaire et Keven Brasseur de la CAQ. (Crédit photo Claude Marquis - monvicto.com)

Quatre des cinq candidats des principales formations politiques ont pris part au débat organisé par le Cégep de Victoriaville, qui s’est tenu mercredi à l’auditorium du Cégep. Le débat a été scindé entre quatre grandes questions concernant l’environnement, les services sociaux, le coût de la vie et la santé.

Les candidats Tarek Henoud du Parti conservateur du Québec (PCQ), Alex Boissonneault du Parti Québécois (PQ), Stéphanie Poirier de Québec solidaire (QS) et Keven Brasseur de la CAQ se sont prêtés à l’exercice démocratique devant plusieurs étudiants du Cégep. Le libéral, Thomas Guérette, brillait par son absence. Il a été précisé qu’il avait finalement décliné l’offre de venir débattre.

Organisé par l’équipe des Mercredis des Sciences humaines du Cégep de Victoriaville, le débat a permis aux étudiants de différents programmes de poser leurs questions directement aux candidats, lesquels ont pu répondre à tour de rôle en présentant leurs points ou en se donnant la réplique sur des enjeux qui venaient particulièrement les interpeller.

Le premier bloc de ce débat d’une heure concernait l’environnement. Des élèves en géographie du Cégep ont voulu savoir « quelles mesures les candidats proposaient afin d’atteindre les objectifs climatiques. »

Trois partis sur quatre, le PQ, QS et la CAQ sont d’accord qu’une des solutions pour tenter de contenir le réchauffement climatique est de financer et de développer davantage le transport collectif. Le PCQ s’est prononcé sur la chose dans le cadre d’une question provenant du public, vers la fin du débat. La position du parti est un peu floue sur le dossier. Tarek Henoud n’a pas voulu faire de promesses, mais il a assuré que « où il y a un besoin [en transport en commun], il faut travailler là-dessus. »

Alex Boissonneault, du PQ, a rappelé que son parti a lancé l’idée d’une passe-mobilité qui permettrait à tous les Québécois de se déplacer facilement à travers les différents services de transport offerts dans la province. La candidate de QS dans Arthabaska-L’Érable, Stéphanie Poirier, a précisé que son parti, lui, s’engageait à investir 23 G$ dans le transport collectif pour, notamment, le rendre gratuit aux personnes de moins de 25 ans ainsi qu’aux aînés.

Tarek Henoud, du PCQ, s’est fait avare de propositions sur cette question, mais il a vite été rattrapé par ses adversaires qui, eux, l’ont questionné sur l’exploitation des gaz de schiste, une proposition lancée par Éric Duhaime. Tarek Henoud a défendu l’engagement de son chef en précisant que son parti n’irait pas de l’avant avec cette idée si trois critères n’étaient pas tous respectés, soit l’acceptabilité sociale du projet, le fait que les municipalités qui exploitent un puit puissent en recevoir les redevances et le fait que ce projet doive être réalisé dans le respect des normes environnementales en vigueur.

Des solutions pour soutenir le filet social

Le deuxième sujet de ce débat portait sur les services sociaux. Des élèves inscrits en Techniques de travail social ont demandé aux candidats ce qu’ils proposaient pour soutenir les services sociaux qui constituent le filet social des personnes plus vulnérables de la société.

Le PQ et QS ont martelé qu’il faut « augmenter le financement à la mission » des organismes communautaires, la première ligne de ce filet social. Alex Boissonneault et le PQ promettent 400 M$ en un an aux organismes communautaires québécois. QS va aller chercher les fonds pour soutenir la mission directement dans la poche des 0,01% les plus riches de la province.

Le PCQ n’est pas très loin derrière sur cette proposition. Tarek Henoud veut changer le financement à la mission pour les organismes communautaires afin de le rendre plus stable, mais sans toutefois donner plus de détails.

Frais de scolarité et logement

La troisième question, posée par des élèves en Sciences politiques, concernait l’accès aux études postsecondaires dans un contexte où le coût de la vie ne cesse d’augmenter.

Le PQ et QS ont une proposition commune, soit de rémunérer les stages étudiants. QS va plus loin en proposant de rendre la scolarité gratuite « du primaire jusqu’à l’université. »

Bonifier l’offre de transport collectif est revenu sur la table, alors que plusieurs étudiants du Cégep de Victoriaville, notamment, résident à l’extérieur de la région. QS et la CAQ appuient cette idée.

Plusieurs mesures ont été lancées pour permettre aux Québécois de conserver « plus d’argent dans leurs poches. »

Tarek Henoud et le PCQ proposent, notamment, de faire passer le niveau d’imposition de 18 000$ à 35 000$. La CAQ voudrait des mesures plus ciblées comme des bonifications à la rentrée et le remboursement de la taxe de bienvenue. Stéphanie Poirier, de QS, suggère aussi d’augmenter le salaire minimum à 20$ l’heure.

Ce dossier a donné droit à quelques échanges entre les candidats.

Le PCQ s’est notamment fait pointé du doigt sur sa mesure de couper 47 G$ dans l’État québécois, le tout, sans affecter les services publics, une mesure qui a fait sourciller quelques uns de ses adversaires. Tarek Henoud affirme qu’il est possible de couper dans l’État sans toucher aux services en gérant bien les fonds publics, une pique à ses adversaires et leurs années « de promesses non tenues » en ce qui à trait à l’amélioration des services.

Keven Brasseur en a également profité pour attaquer la promesse référendaire du PQ, une proposition « irresponsable », selon lui, alors qu’un référendum coûterait 130 M$ aux contribuables.