L’UPA du Centre-du-Québec réclame davantage de soutien pour la relève agricole

Claude Marquis | 28 septembre 2026 | 10:45
Pour assurer la pérennité de l’agriculture québécoise et la résilience alimentaire de la province, surtout dans un climat géopolitique instable, la Fédération de l'UPA et le Syndicat local estiment que le gouvernement doit soutenir « efficacement » les cédants et leur relève dans le transfert de fermes. (Photo courtoisie)

Dans le cadre de la prochaine élection provinciale, la Fédération de l’Union des producteurs agricoles (UPA) du Centre-du-Québec, en collaboration avec le Syndicat de l’UPA des Bois-Francs, exige du prochain gouvernement de mieux soutenir la relève agricole, notamment en facilitant les transferts de fermes aux prochaines générations.

Les deux organisations souhaitent faciliter les transferts de fermes, alors que près de 40% des producteurs agricoles québécois sont âgés de plus de 55 ans et 78% des entreprises agricoles de la province n’ont pas de plan de relève.

Pour assurer la pérennité de l’agriculture québécoise et la résilience alimentaire de la province, surtout dans un climat géopolitique instable, la Fédération de l’UPA et le Syndicat local estiment que le gouvernement doit soutenir « efficacement » les cédants et leur relève dans le transfert de fermes.

Dans un contexte où les revenus des producteurs ont fortement diminué ces dernières années et que les dettes et le prix des terres ont explosé, l’UPA est d’avis que le prochain gouvernement doit mettre en place des incitatifs pour freiner les coûts auxquels la relève agricole doit faire face.

La présidente de la Fédération de l’UPA régionale, Julie Bissonnette, se demande « quel parti aura l’ambition de soutenir les cédants? »

« Les cédants sont inquiets. Leur niveau de risque est élevé, dans un contexte où celles et ceux qui désirent prendre le relai de leur entreprise font face à un environnement d’affaires hostile et des coûts exorbitants. Cette conjoncture ajoute une pression immense sur les épaules des cédants et de leur relève. Le prochain gouvernement devra agir et mettre en place des mesures concrètes, dont des incitatifs fiscaux avantageux pour favoriser les transferts de fermes. Les cédants en ont beaucoup sur leurs épaules. Quel parti aura l’ambition de les soutenir? »

Julie Bissonnette, présidente de la Fédération de l’UPA Centre-du-Québec

Le président du Syndicat de l’UPA des Bois-Francs, Camil Chabot, rappelle, de son côté, qu’il ne faut pas, non plus, écarter l’aspect de la santé psychologique en agriculture.

« […] Le manque de relève ajoute un stress quotidien aux producteurs agricoles et les gens qui achètent une entreprise doivent composer avec un fardeau financier et administratif hors norme. De plus, selon le dernier Portrait de la relève agricole du Québec, 44 % des relèves établies ont un emploi à l’extérieur et ce travail représente en moyenne 72 % de leur revenu annuel. Ce n’est plus viable. »

Camil Chabot, président du Syndicat de l’UPA des Bois-Francs

La Fédération de l’UPA Centre-du-Québec et le Syndicat de l’UPA des Bois-Francs demandent donc au prochain gouvernement de faciliter l’accès à une première terre agricole pour la relève, notamment avec des prêts à long terme à faible taux et davantage d’aide financière. Elles souhaitent aussi réduire les démarches administratives pour rendre la profession plus attrayante.

Rappelons que l’agriculture est un moteur économique et social essentiel pour le Centre-du-Québec. Les 3000 entreprises agricoles établies sur le territoire génèrent un PIB annuel de 543 M$, soutiennent quelque 5000 emplois et occupent 93% de la région. Le Centre-du-Québec est la troisième région administrative la plus importante, en termes d’agriculture au Québec.