« Au-delà des 96 M$, c’est l’humain qui est important » : Vincent Bourassa raconte les débuts de Matthew Bergeron
Le maire de Victoriaville, Vincent Bourassa, en compagnie du joueur des Falcons d'Atlanta, le Victoriavillois Matthew Bergeron. (Photo Facebook Vincent Bourassa, maire de Victoriaville) Avant de devenir l’athlète québécois le mieux rémunéré dans le sport professionnel, le Victoriavillois Matthew Bergeron a bien failli abandonner le football.
C’est ce que révèle le maire de Victoriaville, Vincent Bourassa, qui a entraîné le joueur des Falcons d’Atlanta chez les Vicas au niveau midget alors qu’il terminait son secondaire à l’école Le boisé. Selon lui, une période de doute aurait pu mettre fin au parcours sportif du Victoriavillois avant même son arrivée dans le midget.
En entretien avec monvicto.com, Vincent Bourassa se rappelle que Matthew se remettait en question alors qu’il évoluait dans le bantam. Jean, le frère de Vincent, qui était aussi l’entraîneur-chef des Vicas Football niveau midget à l’époque, l’avait alors pris sous son aile, convaincu qu’il devait continuer et qu’il « avait beaucoup de potentiel. »
Bergeron a donc passé beaucoup de temps avec les frères Bourassa à assister à des matchs de football midget, question qu’il puisse « voir ce que ça avait l’air dans le midget. » Vincent Bourassa croit que d’avoir attrapé Bergeron au rebond dans une période de questionnement lui a donné le goût de continuer à jouer au football.
Et le reste appartient à l’histoire…

À l’époque, qui remonte aux années 2015-2016, Vincent Bourassa se rappelle d’un jeune Matthew débordant d’énergie, dont la fougue devait être canalisée. Il estime que le football a joué un rôle majeur dans son développement personnel.
L’ancien coach souligne le leadership déjà bien présent chez son ancien protégé. Même s’il joue dans une position « un peu ingrate », qui reçoit généralement peu de reconnaissance dans le football, Matthew se démarquait par son esprit d’équipe, affirme son ex-entraîneur.
« C’est une position un peu ingrate, mais lui, avec son leadership et sa fougue justement, ben, il transcendait un peu tout ça. »
Vincent Bourassa, maire de Victoriaville et ancien coach de football chez les Vicas
Vincent Bourassa croit que le parcours de Matthew Bergeron représente une belle source d’inspiration pour les jeunes.
Quand on lui demande ce qu’il l’habite comme sentiment quand il voit un de ses anciens joueurs se rendre aussi loin, il répond d’entrée de jeu : « C’est l’incarnation même de la raison pourquoi j’ai coaché plusieurs décennies. »
Il faut savoir que l’ancien homme de football et son ancien protégé ont tous les deux grandis dans des environnements familiaux difficiles qui auraient bien pu les faire sombrer dans un monde de violence empli de mauvaises fréquentations.
Dans les deux cas, par contre, c’est le football qui les a maintenu sur la bonne voie.
Le sport professionnel, c’est beaucoup plus que du sport. Quand un jeune décide d’aller jouer dans la cour des grands, il se doit d’aller à l’école, de poursuivre des études au niveau universitaire, d’être rigoureux et assidu. « Si jamais le sport ne fonctionne pas, ben au moins, tu as un diplôme en poche, » souligne Vincent Bourassa, qui lui a complété des études en administration des affaires.
De voir des jeunes comme Matthew réussir et se dépasser, c’est ce qui a donné à Vincent Bourassa toute la drive de coacher aussi longtemps la jeunesse de la région.
« C’est quand même tout un exploit que Matthew a réalisé, au fil des années. Puis moi, je suis vraiment fier de ça. C’est bien sûr. »
Vincent Bourassa
En tant que maire de Victoriaville, Vincent Bourassa estime que les succès d’athlètes locaux, comme Matthew Bergeron ou encore Philip Danault, au hockey, contribuent au rayonnement de la municipalité à l’échelle mondiale.
« Quand les gens apprennent que Matthew vient de Victoriaville, ils s’intéressent à notre ville. Ça a un effet très positif sur notre communauté. »
Vincent Bourassa
Ce qu’il retient surtout, c’est l’humilité de ces athlètes qui, malgré les succès et l’argent, ne renient jamais leurs origines et sont toujours très fiers de dire qu’ils sont natifs de Victo. Aviez-vous remarqué comment les médias prennent toujours la peine de souligner que Matthew est plus qu’un Québécois? Il est Victoriavillois.
Selon Vincent Bourassa, si Victoriaville produit autant d’athlètes de haut niveau, c’est grâce à une combinaison d’infrastructures sportives de qualité et d’un vaste réseau d’entraîneurs bénévoles. Il souligne que, malgré sa taille, la ville offre un environnement exceptionnel pour le développement des jeunes sportifs, notamment grâce aux investissements réalisés au fil des ans.
Pour lui, le parcours de Matthew Bergeron dépasse largement son contrat de 96 M$ américains : « Au-delà de l’argent, c’est l’aspect humain qui est important », affirme-t-il, saluant sa maturité et son attachement constant à Victoriaville.