Privé, prévention et décentralisation au cœur du débat sur la santé

Claude Marquis | 25 septembre 2026 | 10:22
La question de la santé a pris une grande place dans le débat de mercredi, organisé par le Cégep de Victoriaville, et auquel quatre des cinq candidats des principales formations politiques ont participé. (Crédit photo Claude Marquis - monvicto.com)

La question de la santé a pris une grande place dans le débat de mercredi, organisé par le Cégep de Victoriaville, et auquel quatre des cinq candidats des principales formations politiques ont participé.

Rappelons que les candidats Tarek Henoud du Parti conservateur du Québec (PCQ), Alex Boissonneault du Parti Québécois (PQ), Stéphanie Poirier de Québec solidaire (QS) et Keven Brasseur de la CAQ étaient présents. Le libéral, Thomas Guérette, brillait par son absence.

Dans le quatrième thème du débat, les candidats ont été questionnés à savoir ce qu’ils proposaient pour favoriser l’accès aux soins de première ligne dans le réseau de la santé.

Sans grande surprise, la place du privé dans le réseau public et la création d’une zone sociosanitaire distincte pour le Centre-du-Québec se sont invités dans la discussion.

On savait déjà que le PQ était en faveur de la création d’une zone sociosanitaire. Alex Boissonneault l’a d’ailleurs rappelé mercredi, mais surprise du côté des conservateurs.

Sans nommer « la zone sociosanitaire distincte », le candidat Tarek Henoud est d’accord avec un des principes fondamental de la création de cette zone, soit de décentraliser la prise de décisions pour la rapprocher davantage du terrain. Il est également pour l’abolition de Santé Québec, une opinion partagée avec le PQ.

Questionné à savoir si les conservateurs étaient pour la création d’une zone sociosanitaire distincte pour le Centre-du-Québec, Tarek Henoud se veut toutefois prudent. Il souhaite ramener la bureaucratie plus près de la région, mais ne prend pas d’engagements concrets dans ce dossier.

Même son de cloche chez QS. La candidate Stéphanie Poirier affirme comprendre les arguments lancés, mais son parti ne s’est toujours pas positionné sur la question.

Le privé et la prévention

Tout les candidats n’ont pas la même vision sur la place du privé dans le réseau de la santé.

Faire plus de place au privé dans le secteur public est un des chevaux de bataille du PCQ. Les conservateurs sont d’avis que le privé créerait une forme de concurrence qui viendrait désengorger le réseau de la santé public.

QS ne voit pas la situation de la même manière. « La santé, c’est public » a lancé la candidate Stéphanie Poirier. Elle est d’avis que le privé dans le réseau de la santé « est une mauvaise idée », d’autant plus qu’il est rapporté que les soins dans le privé pourraient coûter 35% plus cher qu’au public.

Les solidaires sont plutôt en mode « prévention », une approche que partage le PQ. Pour désengorger le réseau de la santé, les deux partis misent notamment sur l’activité physique dans les écoles, la réduction du temps d’écran et une alimentation saine, autant de facteurs qui favorisent une bonne santé, donc moins de visites à l’hôpital.

Le candidat de la CAQ, Keven Brasseur, a plutôt défendu le bilan de son parti en matière de santé rappelant, entre autres, le déploiement d’un groupe de médecine familiale universitaire (GMF-U) à Victoriaville, qui a permis à de nouveaux médecins de s’installer dans la région.

La CAQ est d’avis qu’il faut miser davantage sur l’attractivité et une bonne offre de formation régionale pour attirer et garder les professionnels de la santé en région. Keven Brasseur est, bien sûr, contre l’abolition de Santé Québec estimant que ce n’est pas remettant en question les structures administratives que la région pourra séduire davantage de médecins et autres travailleurs médicaux spécialisés.