Coûts de construction : l’UMQ demande à Québec de réduire la paperasse

La Presse Canadienne | 12 décembre 2025 | 15:28
Les coûts de constructions des projets municipaux ont explosé depuis 10 ans. Un feu de circulation photographié à Deux-Montagnes le vendredi 10 novembre 2023. (LA PRESSE CANADIENNE/Ryan Remiorz)

Les coûts de construction des projets municipaux ont explosé depuis 10 ans et les municipalités québécoises demandent à Québec de les aider à freiner cette envolée en réduisant la paperasse.  

«Il y a peut-être des normes qu’il faudrait peut-être penser revoir, surtout quand vous calculez le prix que ça peut coûter», a plaidéle président del’Union des municipalités du Québec (UMQ) et maire de Mascouche, Guillaume Tremblay, en conférence de presse vendredi à Montréal. 

L’UMQ a demandé à la firme Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT) de faire une étude pour comprendre l’augmentation des coûts de construction, qui montent plus rapidement que les revenus fiscaux et que l’inflation.  

La firme a analysé huit catégories de projets municipaux. Entre 2015 et 2025, ces projets types ont connu une augmentation de coûts d’entre 51 % et 123 %. «Les villes, on n’est plus capable de faire face à ces réalités-là», a déploré M. Tremblay.

La flambée risque de continuer, en raison des augmentations accordées dans les nouvelles conventions collectives des travailleurs de la construction, prévient Raymond Chabot Grant Thornton.

Le rapport attribue l’augmentation des prix à plusieurs facteurs, notamment l’augmentation du prix des matériaux, la hausse des salaires dans la construction, l’adoption de nouvelles réglementations et l’amélioration de la qualité des projets (accessibilité aux personnes à mobilité réduite et nouvelles technologies).

La réglementation pointée du doigt

L’UMQ juge que la réglementation imposée par le gouvernement du Québec est l’élément principal sur lequel il est possible d’agir, le prix des matériaux étant en partie lié au contexte économique mondial. 

«C’est un chantier (la réglementation) qui est, selon nous, très facile à faire rapidement, a expliqué M. Tremblay. (…) C’est ce qu’on peut contrôler.»

Le rapport estime que la réglementation entraîne des coûts supplémentaires annuels d’entre 900 millions $ et 1,5 milliard $.

La mairesse de Longueuil, Catherine Fournier, avait d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme sur l’enjeu des coûts de construction au printemps dernier. Son exemple d’un coût de remplacement d’un feu de circulation à 1 million $ avait marqué les esprits.

Le coût de remplacement d’un feu de circulation a doublé de 2015 à 2025, selon Raymond Chabot Grant Thornton. Pour un projet type, les nouvelles réglementations représentent 26 % de l’alourdissement de la facture. 

En marge de la conférence de presse, Mme Fournier a concédé que les normes ont souvent leur raison d’être individuellement, mais elle invite à une réflexion sur le coût-bénéfice de chacune d’elles. 

Elle a donné en exemple l’acquisition d’un couvent par la ville de Longueuil. La municipalité veut y accueillir des organismes communautaires.

Pour que le projet réponde aux normes, la ville devrait faire des rénovations de 50 millions $.

«Tout à coup, il faudrait changer les sorties secours, a-t-elle donné en exemple. Il faut ajouter des protections sismiques, notamment en cas de tremblement de terre.  

«Il y a quand même des sœurs qui habitent-là, a-t-elle souligné. Il n’y a personne qui va chercher les sœurs et les sortir de l’immeuble parce qu’elles ne seraient pas en sécurité.»

Avec cet exemple, elle veut démontrer que les normes iraient parfois trop loin en tentant d’éliminer tous les risques, selon elle. «Cette recherche du risque zéro, elle a un coût important et c’est l’ensemble des contribuables qui doivent l’assumer.»