Le FRAPRU dénonce une augmentation du loyer de 62% en 7 ans au Centre-du-Québec

Louis-Philippe Harnois-Arel | 5 février 2026 | 14:00
(Image d'illustration Depositphotos)

Le loyer moyen a augmenté de 80% à Drummondville et de 70% à Victoriaville depuis 2018, selon le Front d’action populaire en réaménagement urbain.

C’est au-delà de la moyenne québécoise, établie à 62% en 7 ans.

Le FRAPRU tenait une assemblée publique à Victoriaville ce jeudi, en compagnie de l’Association des locataires du Centre-du-Québec, afin de dénoncer la détérioration grandissante du logement locatif dans la région. 

Cette assemblée s’inscrit dans une tournée du regroupement déployée tout l’hiver au Québec afin de faire connaître sa perspective de doubler le parc de logements sociaux en 15 ans pour sortir de la crise. 

Selon les données du recensement de 2021 de Statistique Canada, les locataires qui consacrent plus de 30% de leur revenu dans la ville de Victoriaville, ont un revenu médian de seulement 23 200$. Pour que ces locataires ne dépassent pas le seuil de 30 % du revenu, ils devraient se loger à moins de 580$ par mois, un loyer pratiquement introuvable sur le marché locatif actuel à Victoriaville selon le FRAPRU. 

Cette situation touche l’ensemble du territoire du Centre-du-Québec.

« Les salaires sont d’ailleurs plus faibles dans les municipalités éloignées où il y a moins de services. Il n’y a pas ou très peu de transport en commun et les locataires doivent avoir une voiture, ceci génère plus de dépenses et donc moins d’argent à attribuer au loyer » souligne Evelyne Heeremans directrice de l’Association des locataires Centre-du-Québec qui s’inquiète de leur appauvrissement.

La pression sur les locataires s’est accentuée rapidement au cours des dernières années. Les taux d’inoccupation demeurent très bas dans l’agglomération, 1,9% en 2025, et 0,8% pour les logements familiaux. 

« Malgré des remontées plus importantes des taux d’inoccupation dans le reste de la province, Victoriaville et Drummondville demeurent très loin sous le seuil dit d’équilibre du marché. La pénurie combinée à la cherté des loyers laisse les locataires sans alternative», souligne Evelyne Heeremans.

Le développement du logement social aux trois paliers

À Victoriaville comme ailleurs, les organismes communautaires s’inquiètent des orientations du gouvernement québécois qui risquent d’accentuer l’effritement du filet social en matière de logement. 

Les deux organisations de défense du droit au logement insistent sur l’urgence d’agir quant à un retour vers le logement social, sous toutes ses formes, incluant un programme de logements publics destinés aux offices d’habitation.

Au palier fédéral, les annonces de Maisons Canada ne s’accompagneraient pas de garanties suffisantes quant à la réalisation de logements sociaux réellement abordables et disponibles rapidement pour les personnes qui en ont le plus besoin selon les regroupements. 

La nouvelle agence serait plutôt une banque d’investissements exigeant une multitude de bailleurs de fonds et des montages financiers complexes. 

Ils recommandent finalement aux municipalités de fixer des cibles ambitieuses de logements sociaux, réserver leurs terrains et des fonds à ces projets.

Cet engagement du public permettrait de prévenir l’itinérance et garantir une accessibilité financière immédiate.